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mercredi 1 avril 2009

Money money money~~


Comme vous le savez surement (et si ce n'est pas le cas, lisez le billet précédent, tas de feignasses), Maurice Dupuis, de Paris, va sous peu s'exporter au pays des Geishas, de l'okonomiyaki, et des gateaux bizarres dont on ne peut prévoir le gout avant qu'il ne soit trop tard, à savoir le Japon.

A cette occasion, Il s'est mit en quête, il y a quelques jours, d'un aimable escr usuri voleu agent de change, afin d'échanger quelques petites coupures contre des gros billets plein de zéros.


Après une longue réflexion, Maurice Dupuis, de Paris, fit route vers Montparnasse, où il savait pouvoir trouver un pourvoyeur de liquidités idoine. Confiant, Il se renseigne, et présente sa carte Visa Premier Gold VIP Internacionàl del Sol Exxxxclusive afin de régler la transaction. Et là, le couperet tombe :
"Je peux avoir une pièce d'identité ?".
_ Certes, tenez mon brave, prenez donc !", avant de tendre Sa carte d'identité.

Et bien figurez vous qu'une carte d'identité périmée ne constitue pas une piece d'identité suffisante pour acheter des liquidités avec une carte Gold (et accessoirement pour aucune opération bancaire). Maurice Dupuis, de Paris, a du Se résoudre à tirer du liquide au distributeur à billets attenant (le seul de la gare montparnasse, un autre point surprenant, d'ailleurs) pour pouvoir faire Son opération de change.
Etrangement, lorsque, muni d'une grosse liasse d'euros froissés, Maurice Dupuis s'est présenté à nouveau au guichet, son pédigrée, périmé ou pas, importait nettement moins à l'employé, qui s'est empressé avec une complaisance que dans une autre profession on aurait pu juger suspecte, de se livrer à un comptage en règle desdits biffetons.


Cette (més)aventure a quand meme soulevé quelques interrogations dans l'esprit de Maurice Dupuis, de Paris, qui, comme vous le savez surement, est toujours à l'affut d'incongruités dans le monde qui L'entoure.

D'une part, n'est il pas un peu hypocrite d'exiger d'une personne munie d'une carte bancaire et souhaitant effectuer somme toutes un achat "presque comme les autres", qu'elle montre patte blanche avec moult pièces d'identités, exigées dans nulle autre circonstance ? Quand on pense que présenter une carte d'identité meme périmée, voire un permis de conduire, suffit la plupart du temps pour un réglement par chèque, malgré les risques bien plus importants de xyloplastie, on est en droit de s'interroger.

On peut d'autant plus s'interroger sur la pertinence de ce controle d'identité, qui disparait aussitot présentée la moindre liasse de billet. Il faut croire qu'une personne se baladant avec potentiellement plusieurs millieurs d'euros en petites coupures sur soi et plus digne de confiance qu'une personne souhaitant faire son change avec sa carte Premier. Les billets, tout comme la carte, peuvent etre volés. La carte, tout comme les billets, garantit un paiement à l'agence de change. So what ? (Alorj koi ? -pour nos amis esperantophones, ne faisons pas de jaloujs- )

On atteint des sommets de ridicule avec l'exigence d'une carte d'identité valide afin d'autentifier le porteur de ladite carte. Oh, l'ignoble individu ! Non seulement il a volé la carte visa et le code d'un honnète citoyen, mais il est en plus allé faire les poubelles de la préfecture pour récupérer une carte d'identité périmée pour parfaire l'illusion qu'il en est le porteur légitime. Heureusement que les banquiers et agents de change sont malins, on ne la leur fait pas, à eux !
Ils ne sont pas aussi laxistes que ces fonctionnaires du ministère de l'intérieur qui délivrent des passeports électroniques / biométriques sur présentation d'une CI, meme périmée, comme pièce d'identité.
Ou que ces memes fonctionnaires, qui affirment haut et fort qu'une carte d'identité, meme périmée, est bien suffisante pour tout, et qu'il n'est pas nécessaire de faire un renouvellement, lorsqu'on les sollicite à ce sujet.

Comme dirait l'éminent Roland Séroussi 1 : "Mes amis, je vous prie de me croire, on marche sur la tête, vrai ou pas ?"2

1 : Google-ez ce brave homme, si vous voulez en savoir plus
2 : Authentique ! 3
3 : Ou à peu près



samedi 28 mars 2009

Journée shopping (pic related)

Aujourd'hui (hier également, mais baste !), Maurice Dupuis, de Paris, a fait du shopping.
L'objectif de cette après midi consacrée à cette activité ô combien peu appréciée de l'Auteur de ce blog était de trouver chaussure à son pied, la précédente paire ornant ses extrémités inférieures de manière quotidienne commencant à donner quelques signes de faiblesse (que l'œil habile du connaisseur identifiera au décollement de la semelle sur une bonne moitié du soulier gauche).
















Adonc, Maurice Dupuis, de Paris, s'est lancé dans la vaste entreprise visant à trouver un magasin de chaussures pouvant lui offrir des chaussures de ville correctes.
Les critères, fort bien identifiés grâce à une phase de spécifications menée de manière rigoureuse, étaient les suivants :
  • Ne pas mettre les pieds en sang au bout d'un kilomètre (non, même pendant la première semaine "faut qu'elles se fassent monsieur", Maurice Dupuis, de Paris, n'est pas disposé à marcher tel un zombie arthritique sortant d'un concours de claquettes dans un champ de mines)
  • Etre sobre : comprendre pas de piquetés mauves sur cuir jaune, ou autres fantaisies du meme (mauvais) goût. Le but étant d'avoir des chaussures pour aller au bureau, et accessoirement pour remplir son rôle de témoin de mariage sous peu, Maurice Dupuis, de Paris, souhaitait pouvoir sortir de chez lui sans que les enfant dans la rue ne Le prennent pour un clown et ne Lui demandent des ballons.
  • Ne pas être pointues. Bon sang que cette mode est ridicule ! Maurice Dupuis, de Paris, ainsi que toute son illustre famille, est pourvu de pieds à peu près parallélépipèdiques. Certes, l'idée de chaussures en pointes, notamment pour botter le train des importuns (qui sont légions, cf le billet sur les plaies du métro), semble attirante. Toutefois, l'inconfort des susmentionnées chaussures, alliées au point précédent sur les clowns, font de cette option un choix non envisageable.
  • Etre à la bonne taille. Alors là, ca se complique. Maurice Dupuis, de Paris, est muni d'appendices qui feraient dire aux médisant qu'Il s'enfonce dans le sable quand il va a la plage. Comprendre du 40 environ. Sauf que, car il y a un piège, Ses pieds sont également relativement larges. Du coup, quand des chaussures ne sont pas trop longues, elles ne sont pas assez larges, et quand elles sont assez larges.... elles sont trop longues. Cruelle situation, n'est il pas ?

Bref.
Les préconditions définies, Maurice Dupuis s'est mis en quete du magasin idoine. Et là, cruelle révélation : à Paris, seules les femmes achetent des chaussures.
Ne riez pas, c'est surement vrai. Comment expliquez vous que, sur les ~15 magasins de chaussures que Maurice Dupuis, de Paris, a visités (entre Italie2, Montparnasse et les Halles), plus des deux tiers étaient exclusivement féminins ? (si on excepte la frange de la population masculine qui porte des escarpins, des talons aiguilles et des bottines à talon, bien entendu, chacun ses gouts). Quand aud magasins mixtes... Rarement plus d'un quart de la superficie en est consacrée à lachaussure masculine.
Tenez par exemple, "André", chaine bien connue (ou pas? ) de magasins de chaussures. Maurice Dupuis, de Paris, en a fait trois (3). A chaque fois, il Lui a fallu chercher en fond de magasin, pour trouver 3 malheureuses paires de souliers de ville se battant en duel avec des baskets roses unisexe dans le coin "hommes". On aurait pu croire qu'un magasin appelé "André" qu'il était orienté habillement masculin ? Eh bien non.
Déception.


Heureusement, l'histoire se termine bien, Maurice Dupuis, de Paris, ayant finalement trouvé son bonheur en fin d'après midi aux Halles.
Soulagement !

jeudi 27 mars 2008

Mieux que le 421, le 419 !

Ami lecteur, toi qui es d'un culturage surement hors du commun, puisque tu apprécies et visites régulièrement le blog de Maurice Dupuis ( de Paris), tu as suremetn entendu parler de la fraude 419. Cette arnaque, connue également sous le doux nom d'Arnaque Nigériane (le 419 provient du numéro de l'article de loi Nigérian qui condamne ces pratiques), consiste a envoyer un mail à un quelconque pigeon en lui promettant monts, merveilles, et surtout argent en mâsse à l'heureux élu qui aidera a exfiltrer des sommes d'argent faramineuses d'un pays en crise.

Et, tenez vous bien, une pauvre ame a décidé de contacter Maurice Dupuis pour lui demander de l'aide ! Certes, les multiples talents de Maurice Dupuis en font le candidat idéal pour a peu pres n'importe quelle situation, mais c'est sans compter sur sa culture générale hors du commun.
C'est donc avec scepticisme qu'il lut le message suivant :

Bonjour,
Tout d'abord, Permettez moi de vous dire que je ne crois pas au hasard et que toute chose arrive parce que le TOUT PUISSANT le permet. Et si vous vous demandez si cette lettre vous est vraiment destinée; la réponse est oui. C'est un plaisir et honneur pour moi de prendre contact avec vous dès maintenant. Ceci profitera nous deux. En effet, je suis Madame Roxane BRUNO, du Liberia Monrovia 52ans et je réside ici au Bénin avec mon fils unique Tesso.

Nous sommes à Cotonou-République du Bénin en tant que réfugiés à cause des fonds (Quatre Millions Cinq Cent Mille Dollars) que mon feu mari, l'Ancien Ministre de l'Agriculture au régime passé à fait déposé dans une société de surveillance et de conservation des biens privés que nous voulons sortir d'ici à votre pays pour l'investissement et l'étude de mon fils Tesso. Je vais vous demander de me faire savoir ce que votre rémunération sera si vous m'aider comme je l'ai proposé. En outre, s’il vous plaît pourriez-vous me faire part de vos expériences en matière d'investissement et les domaines où vous pouvez appliquer vos compétences professionnelles.

S’il vous plaît, sachez que j'ai besoin de votre aide sincère et discrète. Veuillez bien vouloir me répondre avec vos coordonnées complete pour plus de précisions via mon adresse e-mail privé: b.roxane_private@yahoo.fr

1. Noms complète:
2. Adresse curant:
3. Vos N° de Téls:
4. Age & Profession:

Veuillez agréer, future partenaire, l'expression de mes salutations distinguées.

Restent bénisse
Mme Roxane BRUNO


HA HA HA.
Hem.
N'écoutant que son grand coeur, Maurice Dupuis s'empressa de répondre à cette pauvre femme en détresse. C'est en ces termes qu'il s'adressa à elle :

Madame,
Croyez bien que je suis fort attristé de votre situation.
Malheureusement, étant actuellement en affaire avec environ la moitié des fils de dictateurs et rois du pétrole d'Afrique pour les aider à exfiltrer leurs fonds secrets (en échange de quoi ils m'en cèdent gracieusement 90% pour me remercier), mon emploi du temps est relativement chargé.
Vous comprendrez que je ne peux m'engager sans garanties de votre part, au risque de prendre du retard sur mes affaires déjà en cours.
Je vous serais donc reconnaissant de me faire parvenir une propositiion commerciale détaillée sur l'affaire qui, peut etre, nous intéressera de conserve. Si, après examen de celle ci, elle me semble s'inscrire dans les orientations stratégiques de mon business plan, je vous recontacterai pour que nous puissions planifier sa mise en oeuvre. J'ai à ma disposition de nombreux spécialistes bancaires, pour ce qui est des mouvements de fonds discrets. Si toutefois ce genre d'opération ne vous sied pas, je peux toujours faire appel à un petit escadron de ma milice personnelle. Ce sont des professionnels formés à faire face à toutes les situations dans des contextes politiques instables. Ils seraient à meme d'escorter une personne ou un groupe de personnes porteuses de fonds en liquide, par exemple.
Ne vous faites pas de souci sur ma discrétion. Dans mon secteur d'activité, c'est un prérequis indispensable. Mes nombreux collaborateurs siciliens l'apprécient d'ailleurs énormément, ainsi que mon efficacité.
Soyez donc assurée que vous faite une bonne affaire en vous offrant mes services. Mais comme tous services de qualité, ils sont couteux, aussi j'attends de votre part un retour intéressant en terme de rémunaration.

Bien à vous,
Charles "Don" Franqui


Et bien, croyez le ou non, Maurice Dupuis (de Paris) recut une réponse. Hélas, fort peu zygomatiquo-stimulante (i.e. pas vraiment rigolatoires, pour ceux qui n'entendent point les subtilités linguistiques maniées avec virtuosité par MDdP).

Bonjour Cher Charles,

J’ai reçu votre mail et je vous remercie sincèrement de votre bonne volonté à m'aider dans ma situation et proposition d'investissement dans votre pays pour le future de mon fils en vous réitérant toute ma détermination quant à l'heureux aboutissement de cette affaire et ce dans nos intérêts respectifs. Toutefois, je veux que vous sachiez que la sécurité de mon fils et ce fonds ainsi que l'investissement proposé seront confiées à vos soins car ceci est très important pour moi et de ce fait, il est beaucoup plus necessaire que nous avons besoin de ce comprendre et ce connaître davantage.

J'aurais aimé venir dans votre pays pour une discussion plus approfondie sur ce sujet mais considérant ma santé actuel et mon statut en tant que réfugie dans le pays, il m'est possible de voyager à l'extérieur du pays pour le moment. Sur cette note, je vais vous demander de venir à Cotonou, République du Bénin pour nous permettre d'avoir une table ronde et discuté face à face sur ce sujet. J'ai l'intention d'aller dans l'immobilier et gestion hôtelière ou en fonction aussi de ce que vos conseils professionnels seront. Avant le transfert des capitaux d'investissement dans votre compte bancaire consigné, nous aurons un accord signé sur l'investissement qui permettra d'orienter et de protéger l'intérêt des deux parties, dans ma proposition d'investissement.

Nous allons à votre arrivée au Bénin, ensemble approuver un projet d'accord d'investissement sous la supervision d'un notaire. Dès que cela est fait, vous serez tenus d'ouvrir un compte de dollars en votre nom dans l'une des banques internationales à Cotonou ici où le capital d'investissement sera logé pour être transférer dans votre compte bancaire consigner. Ceci est parce que je ne veux pas que le transfert des fonds soit effectué en mon nom pour des raisons de sécurité et compte tenu de mon statut dans le pays étant un réfugie.

Je tiens également à vous informer que votre séjour au Bénin, ne dépassera pas trois jours ouvrables à compter de la date de votre arrivée. Au sein de ces trois jours, toutes les dispositions nécessaires pour la procédure du transfert des fonds dans votre compte bancaire désigné sera prise en charge et les fonds seront transférés sur votre compte bancaire avant votre départ de ce pays.

Cependant, j'attends que vous m'envoyez vos coordonnées complete exiger ci-dessous pour me permettre de commencer à préparer les documents nécessaires en votre nom pour le transfert du capital d'investissement en votre nom. Veuillez vous préparer pour votre voyage au Bénin; je voudrais aussi savoir quand il sera convenable pour vous de venir au Bénin.
1. Noms complète:
2. Adresse curant:
3. Vos N° de Téls:
4. Age & Profession:

Dans l'attente de vos nouvelles veuillez croire à l'expression de mes meilleurs sentiments.

Mme Roxane BRUNO
Tél.+229-95861885



Las, Il se contenta d'une réponse de forme, décidé à mettre fin à la conversation qui, de toute évidence, ne mène et ne mènera nulle part :

Non mais sérieusement, il y a des gens qui y mordent, à votre fraude 419 ? Non, parce que mine de rien, ca date du 18e siecle, quand meme.
Et faut etre sacrément neuneu pour croire qu'une personne qu'on n'a jamais vu et dont on n'a jamais entendu parler sort de nulle part et vous propose de l'argent comme ca, parce qu'on a une bonne tete -ou plutot, parce qu'on a son adresse mail sur une liste vendue par des spammers, une autre catégorie d'individus qu'il faudrait pendre avec leur tripes encore fumantes, si vous voulez mon avis sur la question).

Aussi, je vous serai reconnaissant de ne plus m'adresser ce genre de couriers. Je croule sous les pourriels en tous genre -qui insinuent que j'ai un petit pénis et que je sis impuissant, donc que je dois prendre divers medicaments pour remédier à celà, ou encore que je suis un imbécile fini, la preuve, on a pensé a moi et on m'a offert d'acheter mes diplomes sur Internet, ou encore que je manque assez de classe pour m'acheter une rolex qui m'est explicitement décrite comme étant une fausse-, et j'aimerais bien tant qu'a faire ce peu, que ce vlume diminue.

Bonne chance à vous dans vos futures escroquer...
Non, je plaisante.
Allez bruler en Enfer.

Pas cordialement du tout,
MD,
dP.

A suivre !

lundi 18 février 2008

Le suffrage universel

Aujourd’hui, et après une absence qui, il n’en doute pas, a jeté ses lecteurs dans un désarroi à la mesure de sa popularité, Maurice Dupuis (de Paris) se réattelle à son clavier, pour aborder, une fois n’est pas coutume, un sujet que d’aucuns qualifieraient de sérieux.

Car aujourd’hui, Maurice Dupuis, sans craindre de s’exposer aux foudres de l’opinion publique (qualificatif qui en dit déjà bien assez sur la valeur qu’on doit lui accorder) bien pensante, va aborder le délicat thème de la pertinence de la démocratie, avec le tact et la délicatesse qui le caractérisent.

N’ayant cependant pas pour objectif de produire une thèse exhaustive sur le sujet (Maurice Dupuis de Paris est d’un naturel modeste, que croyez-vous !), Il ne s’attardera que sur un point particulièrement aberrant, et qui fait néanmoins la fierté de l’Etat Français et de quelques autres de par le globe : le suffrage universel direct.

Ah, la merveilleuse institution que voilà ! Tous ensembles, citoyens unis dans un même élan par leur volonté d’améliorer la Nation, votons, déposons notre précieux bulletin dans les urnes, pour faire entendre notre voix, celle qui fera peut être la différence, qui sait, car elle a tout autant de poids dans les urnes que celle d’un sénateur, d’un magnat de la finance, ou d’un ministre, et ainsi nous guider sur le chemin des lendemains qui chantent…

Franchement.

Maurice Dupuis, de Paris, a le plus grand mal à comprendre comment une telle ânerie peut faire recette et illusion dans l’esprit de millions de personnes, sommes toutes à priori douées de facultés cognitives plus évoluées qu’une palourde. Et Maurice Dupuis tremblerait (s’il était de cette race d’Hommes qui connaît la peur, ce qui n’est bien évidemment pas le cas) à l’idée que l’avenir du pays dans lequel il vit soit gouverné, même indirectement, par un troupeau d’ânes non éduqués et totalement imperméables aux enjeux économiques et politiques qui président aux destinées des Nations. Car, si on y regarde de plus près, la population votante n’est pas constituée d’une majorité d’énarques (quel que soit l’opinion que l’on peut avoir de ces sinistres personnages, là n’est pas le problème), mais bel et bien de pékins lambda totalement inaptes à émettre un jugement pertinent sur les grands sujets qui constituent l’actualité politico économiques du pays (jugement dépassant le niveau d’une brève de comptoir, s’entend).

Là, devraient s’élever les premier boucliers. Qui diable est cet individu qui prétend remettre en cause le meilleur régime politique jamais mis en place de l’histoire de l’humanité ? Qui est ce maroufle, ce faquin, ce misérable, qui du bélier de ses diatribes tente d’abattre les portes de la liberté d’expression ? Eh bien, hormis le fait qu’il est évident que les portes sont communément faites pour être ouvertes, Maurice Dupuis se réaffirme une fois de plus dans sa conviction. La liberté d’expression ne donne pas licence à juger de la qualification d’un quelconque individu à gouverner. « J’aime bien Maurice » (opinion tout à fait louable, au demeurant), n’implique certainement pas « Maurice ferait un bon président de la République », amalgame que font trop souvent les électeurs.

On a coutume, à ce point de la discussion, de sortir le parallèle éculé selon lequel on n’a pas besoin d’être artiste pour être critique d’art. Là encore, il s’agit d’une bêtise sans nom, car lorsqu’on tente d’établir un parallèle illustratif, il est de bon aloi que les choses soient un minimum comparables, ce qui n’est en l’occurrence pas le cas. Seuls quelques sinistres individus de mauvaise foi avanceraient que les critiques d’art n’ont aucune compétence pour juger de la qualité d’une œuvre d’art. La plupart du temps, il s’agit de personnes trempant dans le milieu depuis de longues années, ayant souvent, mais certes pas toujours, une formation artistique jusqu’à un certain point. Maintenant, Maurice Dupuis pose la question : est ce que l’électeur moyen a suivi une formation politique ? Est il impliqué directement dans quelque organisation politique (autrement qu’en cotisant pour adhérer à un parti histoire de se faire payer des merguez une fois l’an à un grand festival qui tient plus de la Garden party que du séminaire d’études politiques) ? La réponse devrait être évidente : non.

On voit ainsi que les données sont faussées. Le parallèle n’a pas lieu d’être.

Ainsi, consulter le peuple entier sur des questions de politique, c’est comme demander à un aveugle de critiquer une toile, à un sourd d’analyser une symphonie, à un aveugle/sourd de voter à la Star Academy (Maurice Dupuis a bien conscience que cette concession qu’il fait dans ses exemples fait considérablement baisser le niveau de sa diatribe, mais il souhaite néanmoins se mettre à niveau afin de toucher le plus grand public possible). C’est aberrant, non pertinent, voire même dangereux si les enjeux sont d’importance !

Car dans le cas de ce fameux suffrage universel, lesdits enjeux sont de taille ! Qu’il s’agisse d’un référendum ou d’élire un président, l’impact sur le pays est énorme. Et sur quelles bases votent les électeurs ? Ah, parlons-en !

On observe en effet globalement deux comportements électoraux.

Le premier, que Maurice Dupuis (de Paris) qualifierait de moutonneux, consiste à se fier aveuglément aux directives de quelque gourou politique. Outre le fait que ces directives sont vraisemblablement biaisées par les intérêts personnels dudit individu (car Maurice Dupuis ne se voile pas la face : nous ne vivons pas dans un monde parfait, et les personnes dédiées au bien général ne sont pas légion), on peut supposer que les décisions de cette personne sont prises sur la base d’une solide culture politique, teintée de subjectivité ou pas, bien évidemment. Quel intérêt alors, de s’encombrer d’un suffrage universel, si un mot d’une « tète » politique fait voter tout une masse de moutons comme il le demande ? Ne serait-il pas plus simple que seule cette personne soit habilitée à voter, puisqu’elle a, d’une manière ou d’une autre, la compétence pour juger et faire un choix en connaissance de cause ? Les votes de ses supporters ne sont il pas, au final, seulement représentatifs de la cote de popularité de notre tribun, plutôt que de la valeur de ses idées ?

Le second comportement concerne les gens qui se targuent de connaître la politique, alors que de toute évidence il n’en est rien. Ce genre de personne qui va vous expliquer doctement que, elle, elle a lu la constitution européenne dans son texte intégral, et qu’elle, elle a tout compris, et qu’il faut donc voter Oui/Non/Chaton/Tétine-en-réglisse, comme si il s’agissait d’une évidence, ou bien qu’il faut voter pour Sarkoyale ou Miterrac, pour le même genre de raisons. Au final, sur quoi se base la décision du vote ? Des données fragmentaires, mal interprétées par manque de compétence, ou de connaissances des contextes plus larges. Un vote non fondé sur la raison, et donc potentiellement dangereux.

Résulte donc que les décisions prises par la majorité des votants est basée soit sur de l’émotionnel, auquel cas le vote s’apparente plus à un concours de popularité qu’autre chose, soit sur du vent (« un raisonnement personnel » diraient les experts politiques du café du commerce). Quelle constatation rassurante pour l’avenir du pays !

Voilà pourquoi, Maurice Dupuis le dit, et le répète, le suffrage universel est une ânerie sans nom, dont le seul point positif est de limiter les risques de prise de pouvoir par une élite / un groupe quelconque.

En effet, il est relativement facile, pour plusieurs personnes bien placées, d’en placarder d’autres avec l’étiquette « bouuuuh c’est mal ! », et ainsi d’éliminer tout risque ou presque que ces personnes puissent d’une manière « normale » accéder au pouvoir, d’où elles seraient en position de s’installer. Maurice Dupuis a en mémoire les mêmes événements que surement bon nombre de ses lecteurs en lisant ces lignes, à savoir les élections lors desquelles le candidat du Front National, dont Maurice Dupuis taira le nom, est parvenu jusqu’au 2eme tour. On a vu se lever une foule de gens pour aller défiler, manifester dans les rues, on a même entendu certains appeler à l’interdiction, comme si la peste, le choléra et la petite vérole allaient s’abattre sur le pays si ce monsieur, que nous appelleront « le cyclope » par commodité, se voyait élu. Attention, Maurice Dupuis souhaite être très clair sur ce point : il n’est pas question de supposer que Maurice Dupuis, de Paris, adhère de quelconque manière aux idéologies cyclopéennes, et il a bien conscience qu’il serait dangereux qu’un tel individu gouverne. Ceci étant dit, Maurice Dupuis reste tout de même abasourdi du nombre de partisans de la liberté, d’expression entre autres, qui marchaient dans les rues pour protester contre un choix qui a été fait par plus de 20% des votants, à ce suffrage universel qui est si cher à ces défenseurs des droits de l’Homme. La liberté d’expression, oui, mais quand on reste du même avis que moi.

Le vice est allé jusqu'à, quelques années plus tard, la réutilisation de cet évènement à des fins politiques, pour diaboliser l’électorat du cyclope et de ses sbires, afin de les ramener dans « le droit chemin », à voter pour des candidats plus « propres sur eux ». On voit bien que, s’il y a eu un effet « bénéfique », il est entaché d’un mode de raisonnement au moins aussi pervers. Et il laisse à supposer que ce genre de manipulation de l’opinion (comprendre « de la popularité de quelques figures de proues ») est tout autant réalisable dans l’autre sens, pour inhiber un point de vue qui pourrait être bénéfique au pays mais qui nuirait aux « manipulateurs ».

Allez savoir, il y a bien une majorité de gens qui pensent que le suffrage universel est une bonne chose !

Ce point est donc non négligeable, certes, mais il ne suffit pas à pouvoir affubler ce système d’autant de qualificatifs pompeux qu’on en a l’habitude.

A quand le permis de voter ?