jeudi 31 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 8 – Tokyo

Tokyo, gigantesque métropole, grouillante de vie, où chaque jour, des millions de salarymen vêtus du meme costume gris se bousculent dans les trains zé métros, vaquant à leurs occupations d'esclaves corporatistes, se réjouissant de n'avoir que 5 heures supplémentaires non payées en vue le soir meme...

La gare de Tokyo, enfin débarassée de ses échafaudages

Du coup, Maurice Dupuis, de Paris, et ses comparses ont décidé d'aller à la campagne à l'occasion de cette dernière étape de leur périple.

Et plus particulièrement sur le Mont Takao, à une heure de train du centre de la capitale. 
Lieu assez populaire d'escapade pastorale pour les Tokyoïtes en mal d'air pûr, le Mont Takao pésente un triple attrait au voyageur qui s'y hasarderait.

L'amateur de randonnée trouvera son compte, avec les 6 sentiers plus ou moins escarpés, qui permettent d'en rejoindre le sommet en une heure et demi - deux heures environ. Une fois au belvédère, une splendide vue s'offre alors, permettant d'admirer d'un coup d'oeil non seulement les gratte-ciel de Tokyo, mais également Yokohama, et les montagnes de Niko par temps clair. Pas mal !

Tout ca...

... pour ça. Oui, on ne voit pas tout ce qui est marqué dans le prospectus !

"Et les chtites nenfants ?", me demanderas-tu, lecteur ! Et bien eux aussi se rendront avec joie sur cette gentille montagne, car outre une faune et une flore riches qui ne manquent pas de faire de superbes illustrations pour une dissertation "Mon plus beau jour de vacances", les charmantes tetes noires pourront visiter le parc aux singes ! 50 sympathiques simiens s'y prélassent dans la joie et la bonne humeur ! 

Saru-ojisan is watching you

"Je vais boire dans ton crane, sucer la moelle de tes os et sacrifier ton ame immortelle au prince des ténèbres"

Mais que sereait une montagne japonaise sans un temple ou deux perchés dessus ? Et bien bingo, l'amateur de temples sera également comblé, car c'est là qu'on trouve le temple Yakuoin, rattaché à la secte bouddhique Shingon. 

Il s'agit là d'un établissement fort ancien, attendu qu'il fut bati au 8è siècle, lors de la période Nara, qui, comme chacun le sait, marqua le grand essort de la puissance des sectes bouddhistes. 

Les puristes me rétorqueront que le bouddhisme Shingon ne fut introduit au Japon que au 9è siècle, au retour de Kobo Daishi de son voyage en Chine. Ce a quoi Maurice Dupuis, de Paris, avec son assurance habituelle, se contentra de rétorquer "pouet, je sais, mais c'est eux qui le disent, na".
En l'occurrence, le temple a probablement été récupéré par la secte Shingon a un moment donné au cours de ses 1300 ans d'histoire. 


Et donc, quelles sont les particularités de ce temple, a part son histoire confuse et néanmoins ancienne? 
Et bien, tout d'abord, ce fut, et c'est toujours, un haut lieu de l'ascetisme traditionnel. On y trouve donc encore de nos jours des yamabushis (ausso appelés shugenja). Ces braves personnes habitent dans la montagne, et au contact de la nature, par la méditation (comme dans les films, sous des chutes d'eau, par exemple), se forgent un mental d'acier et un physique de pierre (ou bien choppent une creve redoutable à force de se coller dans de l'eau glacée en plein air avec juste un yukata sur le dos, au choix). Ceci dit, certains arriveraient meme a gagner des skills sympas, comme marcher dans le feu.

Step 1 : une petite rinçade d'eau fraiche

Step 2 : Libérer son cosmos

Step 3 : Level up !

C'est de cette proximité avec l'ascetisme des montagnes que provient la deuxième particularité de ce temple. En effet, le visiteur un peu attentif (ou plutot, pas completement bouché), ne pourra éviter de remarquer l'omniprésence des Tengus au sein du complexe. 

Pour les deux du fond qui n'ont aucune idée de quoi Il parle, Maurice Dupuis va faire un petit rappel. Les tengus sont, dans le folklore japonais, des créatures surnaturelles, habitant les montagnes, et servant parfois de messagers aux dieux. Selon les légendes, ils peut s'agit d'etres purement magiques, ou bien de yamabushis ayant transcendé leur condition humaine, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

Ils sont représentés sous les traits d'un homme à tete d'oiseau, ou d'un homme pourvu d'un loooong nez, vêtus à la manière des shugenja, et chaussés de getas disproportionnées. L'éventail que certains portent est censé leur conféérer le pouvoir de contrôler les vents.

Tengus jouant au poker

Ainsi, un peu partout, cette image du tengu se retrouve dans le temple.
Au travers de statues...

Ce tengu a presque autant la classe due MD, dP

De collections de getas....

Le tengu local semble chausser du 56

Ou encore de masques géants ! 

lol@Pinocchio

Bref, une bien belle promenade que voici !

Also, tentacles, because Japan

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Dans un autre registre, Maurice Dupuis, de Paris, avait beaucoup entendu parler des villages cachés de ninjas, perdus au millieu des forets zé des montagnes. Et bien ca n'est pas des blagues, ils sont tellement bien cachés que pas une seule fois, le mondre ninja n'a montré le bout de son masque. 

Mais c'était sans compter la tenacité de notre héros, qui, se fiant a son légendaire flair, finit par débusquer quelques kunoichis, pourtant fort bien cachées dans la jungle de béton de Tokyo.

Pic, cause it happened

jeudi 24 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 7 – Kyoto


Quand on parle du Japon, on pense tout de suite ninjas sushis cerisiers train ! 
Car, comme chacun le sait, le train est le premier moyen de transport dans l’archipel.
C'est cette histoire d'amour, somme toute assez récente, qui est présentée dans le musée Umekouji de Kyoto.

Goldorak, Japan Railways edition

Plutot ca en fait

Dans ce sympathique musée qui a ouvert ses portes en 1972, on peut admirer moult témoignages de l’âge d'or de la vapeur, avec pas moins de 19 monstres d'acier qui roulent des mécaniques, pour le bonheur des petits comme des grands. Parce que bon, visiter des locomotives c'est bien, mais pouvoir tirer sur la chaine et balancer des coups de sifflet a vapeur tonitruants, ca n'a pas de limite d’âge !

Tchouuu

Les plus courageux (comprendre : ceux qui se sentent la patience d'attendre l'heure des départ) peuvent même y faire une balade en train a vapeur sur un petit circuit d'un kilomètre, pour une petite dizaine de minutes de retour à l'époque Meiji. 

Dis train
Dat train

Car oui, comme le lecteur assidu de ce blog le sait bien, le Japon était fermé au monde extérieur jusqu'à ladite restauration Meiji, dans les années 1860-1870. Jusqu'à cette période, le Japon était une société féodale, avec un niveau technologique qui avait assez peu progressé depuis la fermeture du pays à la moitié du 17è siècle. Mais à la restauration, l'empereur décide de lancer une vaste politique d'ouverture sur l'occident, incluant entre autres une modernisation des transports.

C'est ainsi qu'en 1872, quelques années à peine après l'ouverture du pays, est inaugurée la première liaison ferroviaire, entre Tokyo et Yokohama, d'une longueur de 28km. Cela donna le coup d'envoi à une expansion extrêmement rapide du réseau ferré : en 1900, c'est 6000km de voies qui sillonnent le pays, reliant les principales villes de l'empire.

Vintage

En 1964, moins d'un siècle après les premières liaisons ferroviaires, et à l'occasion des jeux olympiques de Tokyo, est inaugurée le premier tronçon du Shinkansen 0 Series, le train grande vitesse japonais, reliant à la vitesse décoiffante de 210km/h les gares de Tokyo et Shin-Osaka en 4 heures, contre près de 7 heures en train classique. Et ce 17 ans avant la mise en service du TGV français. Déjà à l'époque, la tradition de retard de la SNCF était bien présente.

Shinkansen 0 Series

Aujourd'hui, 150 ans après les débuts du cheval de fer au pays des ninjas sushis cerisiers, c'est plus de 27000km de voies qui composent le réseau ferré japonais.

Ah oui quand meme

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Et maintenant, comme tu as été bien sage, cher lecteur, Maurice Dupuis, de Paris, va te récompenser avec une joliette anecdote ferroviaire, qui a qui plus est trouvé sa conclusion récemment.

Il y a, dans les froides contrées de Hokkaido, une petite station appelée qui, comme bien des stations de rase campagne, a connu depuis moult années une baisse de fréquentation dont l'issue, inéluctable, devait être sa fermeture.

"Beau temps pour la saison"

Or, il se trouve que cette station était le seul moyen pour une jeune demoiselle habitant dans le coin, de se rendre à son lycée et de poursuivre sa scolarité. Celle ci se serait trouvée fort marrie, eut elle dû trouver une autre solution pour aller assister a ses cours !

C'est sans compter le légendaire sens du service japonais ! Ayant pris connaissance de la situation, les responsables de Japan Railways, qui opère la ligne, ont ainsi décidé de maintenir en service la station jusqu'à ce que la demoiselle termine ses années de lycée. Mieux, les horaires des trains s'y arrêtant (2 par jour, le matin pour l'emmener en ville, le soir pour la ramener chez elle) ont été adaptés afin qu'ils lui permettent d'aller et de rentrer de son lycée dans de bonnes conditions.

"Ittekimasu~~"

L'année scolaire s'étant terminée il y a une semaine ou deux au moment où Maurice Dupuis écrit ces lignes, la jeune fille en question doit avoir obtenu son diplôme, et la petite station de Kami-Shirataki doit avoir fermé ses portes, après de longues années de bons et loyaux services.
Tout est bien qui finit bien !

jeudi 17 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 6 – Matsuyama

Au nord-ouest de l’ile de Shikoku, dans la préfecture de Ehime, se trouve la sympathique ville de Matsuyama, où Maurice Dupuis, de Paris, et ses compères sont allés flâner quelques heures.

La ville est réputée pour diverses choses.

Ses onsen d’une part. C’est à Matsuyama que se trouve Dogo onsen, l’un des plus anciens du japon, avec plus de 1000 ans d’histoire ininterrompue. On y compte 18 bains différents, dont un réservé à l’usage exclusif de la famille impériale, au cas où il leur prendrait la fantaisie de faire une petite visite. 
Malheureusement, Maurice Dupuis, de Paris, avait un train à prendre, et n’a donc pas pu en profiter, au grand regret des propriétaires, qui voyaient là l’occasion de renforcer encore un peu plus la renommée de leur établissement. Zannen.



Le château de Matsuyama d’autre part, vaut également le coup d’œil. Comme de nombreux bâtiments similaire de par le pays, il a été reconstruit maintes fois, pour faire face aux outrages du temps et du feu, mais on n’en retrouve pas moins l’apparence qu’il avait après sa construction, il y a plus de 4 siècles de cela.



Morisu to Ji-san, fiers samurais

Enfin, et c’est le point qui tient le plus à cœur à Maurice Dupuis, de Paris, Matsuyama est un lieu qui a une place importante dans l’histoire de la littérature japonaise moderne.
C’est en effet là que, durant ses jeunes années (en 1895, soit à 28 ans), Natsume Soseki enseigna brièvement. Cette première expérience de la province japonaise, couplée au milieu de l’enseignement dont il était encore assez peu familier (il a commencé sa carrière à peine 2 ans auparavant au département d’anglais de l’université de Tokyo), l’a particulièrement marqué.

Natsume Soseki, classe

C’est ainsi que, 10 ans plus tard, il écrira ce qui deviendra rapidement un classique de la littérature japonaise moderne, Botchan, un roman grossièrement autobiographique, relatant l’expérience en demi-teinte d’un jeune professeur d’anglais fraichement débarqué de la capitale pour enseigner en province, et le choc culturel auquel il se confronte.

Et tant qu'on est dans la recup', la spécialité locale est le Botchan dango

Soseki a eu une influence considérable sur la littérature japonaise. Botchan compris, quasiment toutes ses productions sont devenues des classiques, et ont été traduites dans de nombreuses langues de par le monde : Je suis un Chat, Sanshiro, Kokoro, Choses dont je me souviens, le 210e jour, Oreiller d’herbes, Au travers de la vitre, …
Son style est à la croisée entre le classicisme japonais, et le style occidental, et est souvent teinté d’autobiographie (Botchan, comme évoqué précédemment, mais aussi Je suis un Chat, avec personnage du maitre du chat qui est un professeur désabusé ; Choses dont je me souviens également, où on sent poindre la nostalgie de l'auteur pour ses jeunes années). 
Natsume Soseki, qui était en effet professeur d’anglais, a été choisi par le gouvernement pour aller étudier les cultures européennes, et plus particulièrement britannique, dans le cadre des grandes politiques d’échange culturels voulues par le gouvernement Meiji. Il a ainsi été l’un des premiers hommes de lettres japonais à entrer au contact des cultures européennes depuis la fermeture du pays dans les années 1600, et a avec brio rempli son rôle d’ambassadeur en ce sens. 

Et en plus, il a eu sa tête sur les billets de 1000Y pendant 20 ans, c’est pas la classe ça ?

Monies



jeudi 3 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 5 – Okayama

Comme vous avez été sages, aujourd’hui, Maurice Dupuis, de Paris, va vous raconter une petite histoire.

Il était une fois un vieux couple qui habitait près d’une rivière. Ils coulaient des jours paisibles, quand un jour, alors qu’elle lavait son linge, la vieille femme vit flotter devant elle une grosse pèche fort appétissante.
Ni une ni deux, elle l’attrapât, et se rentra chez elle, bien contente de sa trouvaille. Son époux, pas mécontent non plus, se mit alors en devoir de couper ladite pèche en deux, parce qu’elle était décidément trop grosse pour manger comme ça.

Purin'cessu Piichi

Ils se firent péter la panse et passèrent une bonne après-midi en buvant du thé pour digérer.
The end.


Alternate version :

Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir que dans la pèche, se trouvait en fait un nourrisson ! N’ayant pas d’enfants, ils décidèrent de l’adopter et de l’élever comme leur enfant (plutôt que de le manger ou de le coller à la DASSE comme l’eusse fait toute personne sensée).

Fast forward quelques années, ils devaient bien s’en mordre les doigts : le petit Momotaro (Taro étant un nom courant pour un garçon, et Momo signifiant pèche) est une grosse feignasse qui cherche des excuses pour en faire le moins possible. Seule qualité qu’on pouvait lui reconnaitre, il se trouvait doté d’une force prodigieuse (ce qui expliquerait que ses vieux parents préféraient le laisser tirer sa flemme plutôt que de prendre le risque qu’il pique une colère et claque les portes de la maison).

Cependant, comme tout se sait, les nouvelles d’un jeune garcon extraordinairement fort parvinrent aux oreilles du seigneur local, qui à cette époque, avait bien des soucis. En effet, une tribu d’onis (des ogres, pour occidentaliser la chose) avait la fâcheuse tendance a venir piller sur ses terres et manger ses habitants. Révolté par le rude impact sur ses revenus, le bon seigneur était donc à l’affut de tout héros pouvant potentiellement le débarrasser de ces nuisances.

Oni soit qui mal y pense

C’est ainsi que, mandaté par le seigneur, et pas franchement retenu par ses vieux, le petit père Momotaro se mit en route pour aller casser de l’oni. Il eut, comme de juste, un certain nombre d’aventures en route, au cours desquelles il s’adjoint la compagnie d’un faisan, d'un singe et d'un chien. 

A la tète de cette fière et redoutable troupe, Momotaro arrivât finalement sur l’ile d’Onigashima qui servait de repaire aux ogres, leurs colla une dérouillée mémorable, et leur piqua tous leurs trésors pour faire bonne mesure (l’histoire ne dit pas si, à l’image des pillards onis, il s’en cala un ou deux derrière la cravate pour la route).

Bien mal acquis profitant visiblement, Momotaro put rentrer et vivre dans le stupre et la luxure grâce a son butin 

Accueilli en héros a son retour chez lui, il vécut heureux chez ses vieux parents avec ses amis les animaux, grâce aux trésors qu’il ramena de sa grande aventure.


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Le conte de Momotaro étant réputé etre originaire de la ville d’Okayama, c’est tout naturellement qu’ils en ont fait la mascotte de la ville.

Un jour, moi aussi je serai célèbre et j'aurai ma tête sur les bouches d'egout

A part cà, Okayama est aussi connu pour son château, surnommé le château du corbeau à cause de sa couleur de jais, et aussi pour le Korakuen, l’un des 3 plus beaux jardins du pays (aux cotés du Kenrokuen de Kanazawa et du Kairakuen de Mito).
Korakuen

U-jo



Aussi

Voilà voilà.

A Okayama, les chats, ils passent leur temps au karaoke

Et comme il a fait un temps détestable la moitié du temps qu’il y a passé, Maurice dupuis n’a pas grand-chose de plus à raconter.

Wait, wat?


vendredi 26 février 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 4 – Nagasaki

Ah, la Hollande, l’autre pays du fromage, ses tulipes, ses coffee shops, Dave, toussa toussa… Saviez tu, cher et estimé lecteur, que les pays bas ont une riche histoire commune avec la patrie des ancêtres de Maurice Dupuis (de Paris) ? Probablement pas (ou alors le présent billet va faire un flop, et Maurice Dupuis sera réduit à noyer sa déception dans un saké de mauvaise qualité en ruminant de sombres pensées).
Donc on va dire que personne n’est au courant !

Bref. Il est, sur la côte ouest de Kyushu, un charmant port de pèche nommé Nagasaki, connu pour sa malheureuse implication dans un vague conflit durant le XXè siècle, qui n’a rien a voir avec le présent propos.

Car c’est au XVIè siècle que nous nous rendons. C’est à cette époque que les premiers missionnaires catholiques débarquent sur l’archipel, dans cette région, et commencent à évangéliser les locaux. Ainsi, pendant un gros demi-siècle, jusqu’à son interdiction en 1614 par Tokugawa, Nagasaki sera au cœur du christianisme nippon. Et pendant ce temps, les commerçants portugais s’installèrent et développèrent leurs petites affaires. Parallèlement, la VOC (compagnie néerlandaise des indes orientales) commence à s’intéresser à ce marché, et se rapproche des officiels japonais.
Eglise Oura

En 1644, le shogunat Tokugawa décide que stop, ca suffit, faut pas rester là messieurs, on va fermer le pays. Bim. Soudain, impossible de commercer légalement avec le Japon, hors licence spéciale accordée par le gouvernement militaire.

C’est finalement la VOC, plus finaude que ses concurrents à priori, qui décroche le convoité mandat commercial, et obtient donc, au grand dam des autres puissances occidentales, l’exclusivité du négoce avec l’Empire. Mais attention, pas sous n’importe quelles conditions !

En effet, et c’est là qu’on arrive aux choses intéressantes, un seul point de chute est autorisé aux navires hollandais : Nagasaki. Et plus précisément l’ile de Dejima, une ile artificielle construite dans la baie de Nagasaki, qui servira de base commerciale à la VOC.

La grand rue (qui est la seule, en fait)

C’est cette petite butte de terre de 120 mètres par 75 que se trouvaient entrepôts et habitations pour les quelques représentants de la compagnie. S’y mêlaient de manière plus ou moins heureuse, mais certainement curieuse, les architectures japonaises et occidentales.
Modele reduit mais pas tant que ca
Curieux futon sur bois
Trucs en bois qu'on a pas compris a quoi ca sert
Table trop haute


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Et maintenant, trivia : cette micro ile de Dejima a eu, pendant quelques années, une particularité singulière : quelle est-elle donc ?

Et bien il se trouve que durant les premières années du XIXè siècle, un petit tondu corse mettait la pagaille en Europe, notamment avec sa tendance à vouloir annexer tout ce qui passait à sa portée. Genre les Pays-Bas. Sauf que, perdus sur leur banc de sable, (le patron de Dejima à cette époque) et ses braves collègues n’en savaient rien ! Ils ont donc été bien surpris de voir débarquer un navire de guerre britannique exigeant qu’ils cèdent leur comptoir commercial, sous le misérable prétexte que leur pays n’existait plus.

Et bien sans se démonter, Doeff a cordialement invité les sujets de sa gracieuse majesté à se faire cuire un œuf, ne cédant pas devant la volée de canons qui a été tirée dans l’espoir de les impressionner, et a maintenu fermée l’ile de Dejima. C’est le gouvernail entre les jambes que les anglais sont rentrés chez eux, jurant mais un peu tard qu’on ne les y reprendrait plus. 

Et du coup, pendant toute la période d’annexion des pays-Bas, l’ile de Dejima fut le seul endroit au monde où flottait encore le drapeau néerlandais. Et toc.

Lol brits, U mad ?

jeudi 18 février 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 3 – Fukuoka

Si on demande à un japonais de citer un érudit célèbre, il y a fort à parier qu’il mentionne Sugawara no Michizane.


Né en 845, en pleine période Heian, connue pour être  l’apogée de la culture et du raffinement de la cour impériale, Sugawara no Michizane est fils d’aristocrate, et, de fait, il reçoit une instruction soignée le destinant à des fonctions administratives au sein de la cour. 

Apres de brillantes études (il passe le plus haut concours de fonctionnaire à 26 ans), il intègre le gouvernement et y exerce des fonctions d’importance croissante, au gré des promotions qu’il reçoit, dans divers ministères. En parallèle, il dirige également l’école de son père, enseigne à l’académie de lettres (où il obtient l’équivalent de la chaire de littérature). Et tout ca alors qu’il n’a même pas 40 ans.

Il est ensuite nommé dans une province éloignée à un poste de gouverneur, dont il s’acquittera sans grand succès. Et pour cause, les archives montrent qu’il était probablement plus occupé à écrire de la poésie qu’à autre chose, sa production littéraire à cette époque ayant explosé ! 

De retour à la cour quelques années plus tard, il se lance dans les intrigues et alliances politiques, grâce auxquelles il gagne les faveurs de l’empereur. Malheureusement pour lui, il gagne également l’inimité de clan Fujiwara, ce qui n’est pas une bonne chose à cette époque (ce clan étant l’un de ceux qui tirent les ficelles de l’empire en sous-main, notamment en s’assurant des liens étroits avec la famille impériale en y mariant ses filles). 

Tout ira bien jusqu’au retrait de l’empereur Uda. Mais son successeur prêtera une oreille complaisante aux Fujiwara, et Michizane tombera progressivement en disgrâce, qui culminera avec sa démotion à un grade inférieur, et son renvoi à un poste mineur au fin fond du Chikuzen, sur Kyushu, où il vivra dans de pénibles conditions pendant 2 ans avant de mourir, n’ayant jamais pu retourner à Kyoto.

C’est là que les choses se corsent pour la capitale de l’empire, qui se trouve successivement frappée par une épidémie, une sécheresse et un incendie provoqué par la foudre tombée sur un palais (et qui a par la meme occasion roti un certain nombre d’officiels ayant joué un role dans son exil). Son rival Fujiwara no Tokihira, à l’origine de son bannissement, mourra de maladie, de même que les deux fils de l’empereur Daigo qui l’avait prononcé, et qui les suivra lui même dans la tombe quelques mois plus tard.

AH ON FAIT MOINS LES MALINS MAINTENANT HEIN ?!
Parce que bon, c’est pas parce qu’il faisait de la poesie en regardant des pruniers qu’il fallait le chercher, le Michizane. La conclusion s’imposa donc naturellement : devenu un onryo, ou esprit vengeur, Sugawara no Michizane est revenu régler ses comptes avec les responsables de sa déchéance.

Craignant pour sa vie, et peut etre un peu pour son empire aussi, l’empereur suivant décida de faire ériger un sanctuaire à sa mémoire, pour l’appaiser. Peine perdue, les désastres continuèrent, et ca n’est que 987, soit plus de 80 ans après sa mort, que l’onryo Sugawara no Michizane fut finalement apaisé.

Il aura fallu pour cela sortir le grand jeu : toute mention de son exil fut effacée des registres officiels, il fut réinstauré de manière posthume à son rang et à ses fonctions, un sanctuaire spécial fut érigé au nord de Kyoto (le Kitano Tenmangu) pour le célébrer sous l’identité de Tenjin, kami d’état (le plus haut grade dans la hiérarchie des kamis shintos), avec un festival spécial en plus pour faire bien !
Depuis, l’onryo Michizane qui pourfendait ses ennemis à coup d’éclairs et de maladies est vénéré comme Tenman Tenjin, le kami des études, que tous les étudiants vont honorer en période d’examens.

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Maintenant, section trivia !

Tenjin est honoré partout dans le Japon, et est souvent associé à deux symboles : le bœuf et les pruniers. Ces deux éléments sont intimement liés à son exil et ses derniers jours.

En effet, il est dit le bœuf qui transportait son corps pour l’emmener sur le lieu de son dernier repos a soudain cessé de vouloir avancer, près d’un temple bouddhiste, à Dazaifu. Ne pouvant aller plus loin, il fut inhumé sur place, où a depuis été érigé un sanctuaire à sa mémoire. C’est pourquoi on retrouve souvent des statues de bœufs sur les sanctuaires dédiés à Tenjin.
Wrong pic
C'est mignon !

L’un des passe-temps de Michizane, de son vivant, était de composer de la poésie en regardant ses pruniers en fleur. La vue de ses arbres serait ce qui lui a le plus manqué dans son exil. La légende dit que, après son décès, un des pruniers de son ancienne propriété de Kyoto, se languissant de son maitre, s’est déraciné et a littéralement volé jusqu’au lieu de son dernier repos. Cet arbre, que l’on peut contempler sur le sanctuaire du Dazaifu Tenmangu, près de Fukuoka, est appelé le tobi-ume, littéralement le prunier volant. C’est le plus célèbre des quelques 6000 arbres qui ornent ce très beau sanctuaire.


Le tobi-ume, sans fleurs parce que pas la bonne saison


jeudi 11 février 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 2 : Okinawa

Il y a de cela quelques temps, Maurice Dupuis, de Paris, vous avait entretenu des charmes sous-marins de cet archipel.

Mais aujourd’hui, Il s’intéressera plus à la terre ferme et à ce qui s’y est passé au cours des derniers siècles.
Okinawa, de par son éloignement des iles principales du Japon, n’a pas toujours été intégré à l’empire, loin de là. En effet, ca n’est qu’à la fin du 19è siècle que le royaume de Ryukyu, où le Japon l’a officiellement annexé pour en faire une préfecture à part entière.

Toutefois, son histoire est étroitement imbriquée à celle de l’empire. En effet, si l’annexion de 1879 a mis fin à l’indépendance du royaume, celle-ci était de facto une façade : dès le 17è siècle, les souverains de Ryukyu ont dû plier devant le clan Shimazu, dont ils sont devenus les vassaux, mettant ainsi fin à 2 siècles d’autonomie et d’unité, conquise elle-même après un siècle de conflits entre les 3 dynasties souveraines de l’époque.

L’un des éléments architecturaux emblématiques d’Okinawa est le Gusuku.
Bien que, selon les auteurs, ce terme puisse englober un ensemble plus large de types de constructions / lieux (lieux saints, communautés d’habitations, châteaux), il est communément employé pour décrire les forteresses érigées durant le 12è-13è siècle.  De nos jours, hormis le château Shuri, siège de la dynastie des rois de Ryukyu, qui a été reconstruit, la grande majorité des Gusuku sont à l’état de ruines, partiellement restaurées pour certaines d’entre elles.


Shuri-jo

Ne subsistent bien souvent que d’imposantes enceintes dominant la mer, qui donnent toutefois une idée de la majesté que pouvaient afficher ces forteresses. Les sites de Nakijin, de Katsuren, ou encore de Zakimi, par exemple, sont particulièrement impressionnants, en plus d’offrir une superbe vue sur la région alentours.

Zakimi-jo
Katsuren-jo

jeudi 4 février 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 1 : Kobe

Son sake, son boeuf, son Goshikizuka Kofun


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Si les  égyptiens ont les pyramides et les mastabas, les anciens japonais avaient les kofun.
Bien moins connus que (et nettement postérieurs à) leurs cousines de Gizeh, les kofuns japonais n’en sont pas moins impressionnant de par leur taille, et détonants par rapport à l’image qu’on a habituellement des édifices du pays.

Ils ont donné leur nom à une période de l’histoire du japon, la bien naturellement nommée Période Kofun, qu’on situe habituellement entre le 3e et le 6e siècle et qui forme, avec la période Asuka, la période Yamato. Il s’agit de la plus ancienne période de l’histoire enregistrée du Japon (les récits des périodes antérieures étant relatés sous une coloration mythique, notamment concernant la fondation de la dynastie impériale), et de la dernière période durant laquelle le shintoïsme primitif est l’unique religion de l’archipel (le bouddhisme y sera introduit dans le courant du 6e siècle sous les influences conjuguées de la Corée et de la Chine).


Mais que sont donc les kofuns ? Il s’agit de tumuli, de tailles très variées (de quelques mètres à près de 500m de long pour plus de 30m de haut !), principalement caractérisés par leur forme. En effet, la majeure partie des kofuns présente la silhouette d’un trou de serrure, bien que certains édifices primitifs soient de formes plus simples. La chambre funéraire était située sous la partie ronde, tandis que la partie allongée servait à accueillir les offrandes. 


Une autre spécificité de cette époque est indissociable de ces tombes : les haniwas. Ces statuettes en terre cuite au profil caractéristique avaient pour vocation de protéger la sépulture et, de fait, étaient souvent disposés à la périphérie du kofun, formant une « muraille » faisant obstacle aux mauvais esprits. Une théorie basée sur un passage du Nihon Shoki (le récit mythique de la fondation de l’empire) serait qu’ils occupaient à l’origine une fonction de substitution aux sacrifices humains.



Enfin, si de nombreux kofuns sont classés comme propriété culturelle importante pour permettre d’en assurer la conservation, ceux directement liés à la dynastie impériale sont un peu différents. En effet, ils sont, comme tout autre édifice impérial, gérés par l’agence impériale,  et considérés non comme des monuments historiques, mais comme des tombes privées ! Ce qui, en un sens, est bien leur fonction première, mais qui a une conséquence intéressante : ils ne peuvent pas faire l’objet de fouilles archéologiques ! Ainsi, contrairement aux pyramides et tombeaux de la vallée des rois qui font le régal des pilleurs de tombes depuis des millénaires, les tombeaux impériaux sont toujours théoriquement inviolés.
Comme quoi, les serrures, c'est efficace !




mercredi 3 février 2016

Maurice Dupuis Reloaded

Apres un hiatus de 5 ans, Maurice Dupuis (de Paris) s’en revient des limbes où Il s’était égaré lors de son périple sur les terres de l’Egypte immortelle.

Pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Il revient avec une série sur un sujet qui Lui tient à cœur : la terre de ses ancêtres, le pays du soleil levant (ou couchant en fait, ca dépend du référentiel).  Et comme il est de notoriété publique que le lecteur de ce blog est avide de connaissances, quoi de mieux qu’une série d’articles pour se culturer un peu ?

Aussi, Maurice Dupuis vous propose, dans les semaines à venir, une série de billets présentant chacun un sujet, un objet, un lieu, une personnalité, qui n’est pas toujours mis en avant lorsqu’on parle du Japon, mais qui présente un intérêt néanmoins certain. Ces sujets suivront, en filigrane, l’itinéraire parcouru par Maurice Dupuis lors de son dernier séjour, et, selon l’humeur, pourront être agrémentés de quelques clichés sont Il a le secret.

Premier chapitre dans moins de 5 ans, promis !

Un article de test

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