dimanche 21 mai 2017

Ca sent le souffre par ici

Apres une journée fort chargée hier, durant laquelle Maurice Dupuis a gravi des montagnes et franchi les océans, il était de mise de se reposer quelque peu. Bien que dot d’une vitalité hors du commun, notre héros n’en est pas moins homme, et parfois une retraite réparatrice est bienvenue.

La montagne, 1
La montagne, 2
La montagne, 3
Les océans, 1
Les océans, 2
Les océans, 3

C’est pourquoi, après un bref dernier passage dans les rues de Sendai pour y assister à un spectacle de Suzume Odori (danse du moineau), donné en son honneur / à l’occasion de l’Aoba Matsuri, il a entrepris de gagner le petit village thermal de Nyuoto Onsen afin d’y recharger ses batteries.

Aoba Matsuri, petit jeu de pêche
Aoba Matsuri, jeu de fléchettes.
MD, dP, s'est abstenu pour le pas ruiner le brave homme tenant le stand.
Suzume Odori
Suzume Odori, 2

Depuis plus de 4 siècles, cette station est renommée  pour les nombreuses vertus de ses eaux, et c’est au ryokan de Tsuru no Yu (le bain de la grue) où Maurice Dupuis, accompagné d’un Monsieur G exténué, à décidé de poser ses valises pour une nuit. Il s’agit d’une des 10 plus fameuses sources du Japon, et l’une des plus anciennes auberges de la région : sa fondation remonte en effet à la première moitié du 17è siècle !

Les bains
L'allée principale
Maurice Dupuis, méditatif
Maurice Dupuis, colérique
Un coquet salon

Et quelques photos du Flying Son, because why not.

Momosu, MeraShara Vocals / Guitar
MeraShara on stage
NibunNoSextet, on stage
"C'est bientôt l'heure ?"
NibunNo, on stage again

MDdP's new best friend, Naho

vendredi 19 mai 2017

Are you ready to rock, Sendai ?!

Aujourd'hui, Maurice Dupuis, de Paris, avait prévu de vous exposer en long, en large et en travers l'histoire de Sendai, de vous parler du grand Date Masamune, et de comment il est à l'origine d'à peu pres toute la ville, sinon plus, et ce à grand renfort de photos artistiquement prises, propres à faire l'envie des amateurs comme des professionnels.

Et puis finalement, comme il est allé à un concert de metal, il va plutôt parler de ca.

Le lieu du crime est le Flying Son, une sympathique Live House à proximité immédiate de la gare. Première impression : c'est petit. Mais vraiment.
Seconde impression : y a pas des masses de monde. A vue de nez, il y avait quelque chose comme 50 personnes, 60 maximum. Mais l'atmosphère intimiste est agréable, on va pas se plaindre.
Furetage sur les "stands" de goodies (read : la demi table que chaque groupe a, contre un mur, pour vendre ses disques etc), et c'est l'heure, c'est l'instant, ca démarre.

La moitié des stands

La premiere formation, "ニブンノセクステット" (Ni bun no sextet), est assez surprenante. Une chanteuse/bassiste, une pianiste, et un batteur (caché sous ses cheveux), pour des melodies tantot sussurées, tantot chantées, tantot hurlées, avec une Nao Funatsu (la chanteuse, pour ceux qui ne suivent pas) qui est vraiment a fond dedans. Malhereusement, ca ne suffira pas a chauffer la salle, au grand dam de votre serviteur.

Nao, bassisto-chanteuse

Ensuite est arrivé le groupe qui m'a fait la meilleure impression (devant meme Yoru ni Tokeru, qui était le plat de résistance) : "メランコリック写楽" (Melancholic Sharaku, abrégé en MeraShara). Formation plus classique, une guitariste / vocal, un guitariste, un bassiste et un batteur. Et là, on a affaire à des gens qui maitrisent leur scène. Ils bougent bien, on voit qu'ils s'éclatent dans ce qu'ils font, le bassiste joue juste terriblement bien, et la chanteuse.. est surprenante. Une bouille de petite fille de bonne famille, pas sun cheveu qui depasse, une petite voix qui peut sembler fluette, mais au final un coffre impressionnant, et une super maitrise. Ils ont gagné un fan !

Mera Shara on stage

A ce moment là, un singulier phénomène a eu lieu. La salle s'est doucement mais inexorablement vidée de so public masculin, et Maurice Dupuis, de Paris, qui était en premières loges depuis le début, s'est soudain retourné pour constater que le public à la parité au début était désormais quasi exclusivement féminin (srsly, il devait rester 5 mecs au total dans le public, pour une quarantaine de demoiselles -il y a eu des arrivées en cours de route).

Et effectivement, ce signe ne trompait pas : plus aucune jeune fille ne fit son apparition dans les groupes suivants. Tristesse. (par contre c'est à ce moment que la salle a commencé vraiment à s'animer).

S'en suivirent encore deux groupes, sur lesquels Maurice Dupuis passera pudiquement, prce que, bien que sympathiques à écouter, ils ne lui ont pas fait une impression mémorable : "aurelia", et "限りなく透明な果実" (Kagirinaku toumei na Kajitsu). Du bon son, mais rien de bien original, si ce n'est peut etre Kagiri qui a jugé opportun d'arranger sa scene de manière peu conventionnelle : batterie à gauche, faisant face à la droite de la scene (et donc pas au public), un bassiste équipé à portée de main d'un xylophone, et un guitariste qui faisait du coup pale figure dans son manque d'originalité.

Enfin, le gros morceau de la soirée est arrivé, "ヨルニトケル" (Yoru ni Tokeru) . C'etait leur premier live dans leur tournée, destinée à promouvoir leur nouvel album, "Perfect White fictions", et, comme ils sont d'Aomori, de leur propre aveu, ca les aidait bien de démarrer en terrain connu pour déstresser !
Et pour etre relax, ils l'étaient. Entre les blagounettes au micro, le bassiste qui nous a chanté le jingl qu'il avait inventé pour le restaurant de grillades d'à coté, on n'aurait pas imaginé qu'ils aient eu la moindre pression.
Niveau performance, c'était au top. Bon son, bon usage de la scene, super péchu comme il faut, les fan girls étaient aux anges (et Maurice Dupuis appréciait également). Un petit Encore à la fin pour la route, et le concert s'est terminé avec succès.

Seule photo potable prise avec le telephone de Maurice Dupuis, de Paris

Fil rouge de la soiree : une peintre peignait tranquillou
dans un coin pendant les concerts, et ca a donné ca en fin de soirée. Chapeau !

jeudi 18 mai 2017

Aizu, c'est finu

Ayant écumé le centre bruissant d’animation d’Aizu hier, Maurice Dupuis a étendu aujourd’hui sa sphère d’influence aux recoins les plus éloignés de la préfecture, en se rendant tout d’abord à Ouchijiku.

Point de passage entre Aizu et Nikko à l’époque Edo, ce petit village a été restauré en l’état qui était le sien à ce moment. On peut donc aujourd’hui parcourir sa grande (et unique) rue, bordée de nombreuses chaumières (au sens propre du terme, ces maisons de style ancien étant bel et bien coiffées de toits de paille fort épais, aptes à résister aux chutes de neige les plus virulentes).

La gare

La grand rue


Le trajet en lui-même est également agréable, puisque le petit train qui mène en ces lieux a tout du tortillard de montagne, et offre du coup des paysages fort sympathiques. A cette occasion, Maurice Dupuis, de Paris, a d’ailleurs une fois de plus exercé son charme légendaire sur les dames d’un certain age, et s’est trouvé embarqué dans une forte animée conversation avec deux retraitées japonaises en plein voyage organisé.

Publicité mensongère



Pour rester dans l’époque médiévale japonaise, la visite de l’après midi était consacrée à l’Aizu Bukeyashiki, un (très) vaste manoir de nobles de la région. Dans cette très grande propriété, on peut voir, au moyen de mannequins habilement disposés, comment vivaient les gens de l’époque, qu’il s’agisse des maîtres de maison, de leurs visiteurs de marque, ou des simples domestiques.








mercredi 17 mai 2017

Happy day !



True story
Après deux journées à musarder à la capitale, Maurice Dupuis (de Paris) s’est levé de bon matin et de bon pied, afin de se mettre au vert. Car c’est dans la petite ville d’Aizu Wakamatsu, préfecture de Fukushima, que les roues de son Shinkansen (et autre) devaient le mener.

On ze rail again, wo ho~~

Nichée dans les montagnes à 3 heures au nord ouest de Tokyo, Aizu est une ville à l’histoire riche, que Maurice Dupuis avait bien l’intention de découvrir.

Mountains, everywhere.

C’est donc de sa foulée souple et allongée (que moult athlètes lui envient) qu’il s’est rendu sur le site de Tsurugajou, littéralement le Château de la Grue. Comme bien des édifices de ce genre, l’original a depuis belle heurette disparu, en proie aux flammes en 1868 lors de la guerre Bosshin, durant laquelle il était une des dernières places fortes résistant au jeune gouvernement issu de la restauration Meiji (pour ceux qui ont dormi pendant les cours d’histoire, il s’agit de la période à laquelle, après 3 siècles de gouvernement militaire sous le shogunat, le pouvoir a été officiellement restitué à la famille impériale).
Le lecteur féru d'histoire nipponne ne sera pas surpris de cet état de fait en apprenant que les seigneurs d'Aizu étaient à l'origine de la création du Shinsengumi.
Le lecteur qui n'en a jamais entendu parler fera comme si il n'avait rien vu.

Le château, quant à lui, devait rester à l’état de ruines jusqu’en 1960, année à laquelle il a été reconstruit de manière moderne, pour abriter des expositions sur la place d’Aizu dans l’histoire du pays.


Dans les jardins qui l’entourent, on peut visiter le petit mais sympathique pavillon de thé Rinraku, où les seigneurs locaux venaient prendre un macha vite fait entre deux guerres.


Enfin, à deux pas se trouve le musée de la préfecture de Fukushima, qui offre une perspective sur la culture locale depuis l’ère Jomon (-300) à nos jours ou presque. Et là, ami lecteur, on en prend plein les yeux.
Le musée est fort bien agencé, équilibré, et surtout présentait une exposition temporaire de laques de toute beauté.


A cat is fine too.


mardi 16 mai 2017

Globally Satisfying

Ah cher lecteur, quelle journée ce fut donc !
Le séjour tokyoïte de Maurice Dupuis ayant été prolongé de manière imprévue, il faut bien avouer que c'est la fleur au fusil qu'il se mit en route pour quelques visites improvisées, s'imaginant déjà tournant en rond devant quelque crane game ou salle de jeu videos en milieu d'après midi. Que nenni !

La journée débuta donc sous de bons auspices avec la visite d'un parc, autrefois propriété de la dynastie shogunale des Tokugawa, le Hamarikyuu koen. Outre ses coquets pavillons de thé (dont seulement 3 sur 5 étaient finis de rénover), ce parc présente trois particularités intéressantes.
La première est que, à l'exception de deux lacs, l'intégralité des plans d'eau sont constitués d'eau de mer, qui alimente le parc au gré des marées via une bonde d'accès donnant sur la baie de Tokyo. Ainsi, au lieu de carpes koi mollassonnes, le pêcheur averti pourra repérer gobis et mulets.
La seconde particularité tient justement à ces deux plans d'eau douce. En effet, la fonction première de ce jardin était d'offrir à ces bons sires un lieu où ils pourraient s'adonner à l'une de leurs distractions favorites, j'ai nommé la chasse au canard. Ainsi, ces deux lac sont été aménagés afin de pouvoir accueillir une population importante de ces sympathiques volatiles, et aménagés avec des caches dans lesquelles les fiers bushis pouvaient se terrer pour terrasser leurs puissants adversaires palmipèdes.


La troisième, c'est que Monsieur G a été accueilli dans un Français parfait par le vieux monsieur qui vendait les entrées, à tel point que nous l'avons soupçonné d'être chevalier des arts et des lettres à la retraite incognito.


La destination suivante était la tour de Tokyo, qui, comme chacun le sait (le japonais aime à le ressasser), est plus haute que la tour Eiffel (que le monde entier nous envie pourtant). La vue est sympathique, mais un peu fade quand, comme Maurice Dupuis, de Paris, on a déjà tutoyé les cieux depuis le Tokyo Sky Tree.


Toutefois, ce gentil édifice abrite également la Tokyo One Piece Tower, et là, c'est une autre paire de manche. Il s'agit d'un "mini" parc d'attraction sur le thème du manga du meme nom, de Oda Eichiro. Et c'est rudement bien ! Beaucoup d'attractions sympathique (dont une chasse au trésor chronométrée grandeur nature dans les 3 étages du parc à l'issue de laquelle on se voit affecter une prime et on peut éditer son propre avis de recherche),  une foultitude de statues à l'échelle, des planches originales retraçant les moments les plus forts de la série.... Bref, une bien agréable surprise, dont le clou a sans nul doute été le fait que Maurice Dupuis, la main guidée par les manes de ses augustes ancêtres, a remporté le premier prix à la loterie de la boutique de souvenir.

L'equipage au complet
Maurice D. Upuis et Trafalgar D. Law, best buds

"Nan mais c'est simple One Piece, y a quelques persos c'est tout.. Attends je te fais un schéma"

Un tardif déjeuner fut dégusté chez ARTNIA, le premier café géré par l'éditeur Square Enix. La nourriture est correcte, sans plus, bien que les desserts soient coquets (pancakes en forme de slimes, ou parfait parés d'une buster sword en chocolat). Toutefois, le magasin qui y est associé est fort sympathique, avec en outre une superbe salle d'exposition pour tout le lineup de figurines Playarts, de fort belle facture (et fort chère facture aussi, admettons le).


Ce bon vieux musée Ota, LA référence en termes de collection d'estampes dans le monde (juste derrière le salon de Maurice Dupuis, de Paris), qui exposait sur le theme des animaux dans les estampes, a permis d'assurer une digestion tant légère que culturée.

Enfin, comme de juste pour une journée à la capitale, les dernières heures du jour virent les pas las de nos voyageurs les porter à Akihabara, pour quelques visites de cafés peu ordinaires.
Si en France, on voit depuis peu fleurir (modestement) les cafés à chat, au Japon, on ne plaisante pas avec les animaux mignons. C'est ainsi que Maurice, devançant un Monsieur G pas faraud, poussa la porte de Owl no Mori, un café à chouettes. Hormis l'odeur tenace (car, pour parler franchement, ca fouette ces bêtes là), le café est des plus agréables. La plupart des chouettes sont caressables, douces comme tout, et c'est une expérience pas banale. On aura toutefois une pensée émue pour le fonctionnaire anonyme de l'administration de Tokyo qui un jour s'est vu confier la lourde tache de rédiger un template de demande d'autorisation pour ouvrir un café avec des chouettes, en listant exhaustivement les précautions sanitaires etc, avec la probabilité quasi nulle que ce document reserve un jour.


Enfin, la dernière destination de la journée, dans un Akiba où les Maid Cafés sont monnaie courante, apporte une vision plus classique mais néanmoins très agréable au genre. Le Schatzkitse est un café/bibliothèque, au décors rétro, où les serveuses ne sont ni habillées de toutes les couleurs, ni avec des uniformes fantaisistes, et ne chantent pas des incantations étranges en vous servant votre boisson. Ici, l'uniforme victorien est de mise, on ne sert que du thé ou des infusions (la carte en est d'ailleurs impressionnante), accompagnés à la rigueur de sablés ou de scones, fait maison je vous prie. A 500Y pour 30 minutes, boissons à volonté, atmosphère calme et relaxante, ca serait bien dommage de se priver !


lundi 15 mai 2017

Tokyo, c'est trop chouette !

C'est d'un pied guilleret que Maurice Dupuis, de Paris, s'est dirigé ce dimanche vers l'aéroport pour rejoindre la terre de ses ancêtres. Un Monsieur G de fort aimable humeur l'y attendait, et c'est de concert qu'ils embarquèrent pour leur périple comme prévu.

En fait non.
MIEUX que prévu : ces braves gens de la ANA se sont arrangés, o ne sait comment, pour faire arriver leur aéronef à kérosène presque une heure en avance sur l'agenda initial, ce qui fut une fort bonne surprise. La présence à bord d'un second descendant d'Amaterasu n'était peut être pas étranger à ce miracle (un sosie de l'Empereur ayant fait le trajet en l'auguste compagnie de nos deux comparses).

Seconde bonne surprise : bien que quelque médisant compare la photo de passeport (gagné pourtant de haute lutte) de Maurice Dupuis à celle d'un terroriste tchétchène, aucune fouille / ouverture de valise / éventrage des paquets de cookie n'a eu lieu au passage à la douane. Voyez vous ca !

Heureusement, pour contrebalancer cette suspecte avalanche de chance, Maurice eut la désagréable surprise de réaliser que les reservations hotelières avaient été mal ficelées, et que ca n'est pas une, mais deux nuits qu'il passerait à Tokyo, et non pas trois mais deux à Sendai. First fail !

Faisant fi de l'adversité, nos deux compères se mirent toutefois en devoir d'aller se dégourdir les jambes dans les rues de la capitale, et plus particulièrement en ce quartier périlleux (pour les finances) entre tous...

Akihabara

Apres quelques rencontres improbables comme celles ci...


où celles là...


C'est fourbus que Maurice et Monsieur G se replièrent vers leurs quartiers, dévorant au passage un succulent katsudon dans une aimable gargote.




dimanche 14 mai 2017

jeudi 11 mai 2017

Le réveil du Dragon du Grand Est

Ami lecteur, l'eusse-tu cru ? Apres un silence prolongé, l'éminent Maurice Dupuis (de Paris) ressort sa cyber plume afin de s'atteler à la vaste, mais néanmoins agréable, tâche de documenter ses péripéties.

C'est, sans grande surprise, sur la terre de ses ancêtres que se rend Maurice Dupuis, pour un périple au cours du quel il explorera des régions où sa main n'a encore jamais posé le pied, bravant ainsi radiations, singes buveurs d'âmes, sources bouillantes, enfer sur terre, allant même jusqu'à tutoyer les lointaines provinces aïnoues (mais pas tout à fait quand même, parce que bon, en 3 semaines, on peut pas tout faire).

C'est accompagné de Monsieur G. seulement cette fois ci (Monsieur J. ayant lâchement abandonné le navire sous quelque fallacieux prétexte) que Maurice Dupuis, de Paris, armé de sa seule verve*, de son courage et de son appareil photo, te livrera, ami lecteur, quelques tranches d'un voyage sortant un peu des sentiers battus, pour te faire voyager par procuration.

La suite mardi (normalement) !



*oui, avec un "v", je vous vois ricaner au fond de la classe.


vendredi 5 mai 2017

vendredi 22 avril 2016

Là haut sur la montagne...

Aujourd’hui marque le 1181è anniversaire de la mort d’un personnage qui a profondément marqué le Japon, le célèbre moine Kukai, également connu sous son nom posthume de Kobo-Daishi, le "Grand Instructeur qui a répandu les enseignements bouddhistes".

C'est lui

Ce brave homme vivait à l’époque Heian, à la fin du VIIIè siècle. Né 3è enfant d’un gouverneur de province sur l’ile de Shikoku, il fait rapidement montre d’une grande intelligence et sensibilité, talents qu’il cultivera toute sa vie (outre ses activités de moine bouddhiste, il fut également philosophe, poète et l’un des 3 plus grands calligraphes de l’ère Heian, ce qui n’est pas rien).

Pas complètement satisfait des enseignements bouddhistes qu’il reçut au Japon, il décida de se rendre en Chine pour élargir ses horizons. A cette époque, la Chine des Tang était à son apogée, et au contact d’un intense foisonnement multiculturel en la capitale de l’empire, Chang-an, Kukai s’enrichit encore plus intellectuellement. C’est là qu’il rencontra le grand maire du bouddhisme ésotérique chinois, Huiguo, de qui il reçut les enseignements.

C’est ainsi que, intégrant ces enseignements à ceux qu’il avait reçu dans sa jeunesse, il rentra au Japon en 806 et entreprit de répandre sa propre « version » du bouddhisme, qui devait rapidement être connue sous le nom de Shingon (真言, littéralement la vraie parole).

Apres  10 ans de tribulations diverses de temple en temple, il reçoit de l’empereur la permission de fonder son propre monastère. C’est sur le mont Koya qu’il jette son dévolu. Ses disciples continuèrent son œuvre, et, de nos jour, le mont Koya est le centre le plus important du bouddhisme Shingon du pays, avec plus d’une centaine de temples, visités chaque année par des milliers de pèlerins. Il est surnommé parfois comme le Vatican Bouddhiste.

Tout le confort moderne chez les moines

On y trouve d’ailleurs les monuments funéraires de nombreux éminents personnages : Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu notamment y ont chacun une stèle.

Oda Nobunaga, bien conservé

Toyotomi Hideyoshi

*
*     *

L’un des principes du bouddhisme shingon est qu’il est possible, à force d’ascèse et de méditation, de devenir un bouddha durant sa vie, par opposition à la pensée traditionnelle qui veut que de multiples réincarnations soient nécessaires pour en arrive là et enfin se libérer du cycle de réincarnation. Ce principe se désigne sous le terme Sokushin-Jōbutsu, littéralement s’élever au stade de Bouddha en s’accrochant à son corps.

La blague, c’est que certains moines ont à un moment décidé de prendre cette expression au pied de la lettre, ce qui a donné lieu à la (très marginale quand même) pratique du Sokushinbutsu. Long story short, il s’agit pour une personne de se momifier vivant en méditation. Le procédé, en plus d’être extrêmement contraignant et à priori pas franchement agréable, a un taux de succès assez faible : à ce jour, seules 24 momies de ce type sont connues. En effet, le moindre écart peut mettre en péril la conservation du corps.

Pour atteindre l’état de momie, le moine candidat à l’éternité doit passer par un bon nombre d’étapes toutes plus inconfortables les unes que les autres, sur une période de près d’une dizaine d’années.
La première étape de 1000 jours, consistait en une phase de jeune à base de fruits et de noix, tout en maintenant une activité religieuse au sein du temple de rattachement.

La seconde étape, de 1000 jours également, réduit encore l’alimentation du moine, qui n’a désormais plus le droit qu’à des épines de pin et de l’écorce, arrosés occasionnellement d’un peu de thé à l’écorce d’Urushi, l’arbre à laque japonais. A l’issue de cette étape, le moine est quasiment mort de faim, a moitié empoisonné et n’a plus un poil de graisse sur le dos. C’est l’effet souhaité : plus de graisses et un minimum d’eau dans le système réduit les risques de décomposition, et le poison dans son organisme tiendra les insectes et autres à l’écart.

Notre moine va ensuite d’enterrer vivant dans une petite grotte, simplement relié à l’extérieur par un tube pour ne pas mourir étouffé, et passera ses derniers jours en méditation dans l’obscurité, ne signalant qu’il est encore de ce monde qu’en sonnant une cloche à intervalles réguliers.

Quand la cloche cesse définitivement de sonner, les collègues restés à l’extérieur retirent le tuyau et scellent pour de bon la grotte, pour une dernière période de 1000 jours. A l’issue de ce délai, la grotte est ouverte, et il est possible de constater si la momification a été couronnée de succès –auquel cas le corps est paré de superbes atours et est vénéré comme de juste –  ou pas, et dans ce cas il est réenterré avec les honneurs (« At least you tried »).

Achievement unlocked : Self-mummification


vendredi 8 avril 2016

Joyeux anniversaire !

Aujourd’hui, c’est le 8 avril. Et le 8 avril, il s’est passé plein de choses !

La naissance de Francois Vilon, de Hacques Brel, la disparition du regretté Caracalla, et du non moins regretté Malcolm McLaren, de m’am Thatcher aussi, la sortie du premier album des Clash…

Mais comme je n’ai pas grand-chose à raconter là-dessus, je vais parler d’un indien vaguement connu dont on fête l’anniversaire aujourd’hui au Japon, Siddharta Gautama. Car oui, le 08/04, c’est l’anniversaire de Bouddha, fêté sous la dénomination « Hana matsuri », ou en bon françois, le festival des fleurs.

Maurice Dupuis, de Paris, s’est plus d’une fois trouvé sur la terre de ses ancêtres lors de cet évènement, et a donc pu ainsi profiter des festivités dans moult temples.

Alors, qu’est-ce qu’on y fait durant ce festival ?
Et bien c’est sommes toutes assez classique. Des processions sont organisées au départ d’un certain nombre de temples par exemple.



Dans certains temples (Maurice Dupuis, de Paris, a personnellement assisté à cette scène au Zozo-ji de Tokyo), des feuilles multicolores en forme de pétales de lotus sont lancés au vent, dans la foule.  En effet, il est dit que lorsque Siddharta a vu le jour, des petales de lotus et une pluie de nectar tombèrent du ciel, accompagnés d’une musique divine.


C’est pour figurer la pluie de nectar qu’existe le second rituel, unanimement observé dans les temples qui fêtent l’évènement, existe. En effet, chaque temple dispose une statuette du bouddha, que les visiteurs peuvent arroser de thé sucré chaud. Thé qui n’en est d’ailleurs pas vraiment : l’amacha, comme on l’appelle, est en réalité une infusion de fleurs d’hortensia du Japon. Dans certains endroits, il est également possible de substituer l’amacha par de l’amazake (une boisson à base de riz assez sucrée et peu alcoolisée). Dans tous les cas, les visiteurs, petits et grands, ne se font pas prier pour gouter à ces boissons une fois grâce rendue au bouddha !


Enfin, une petite curiosité pour la route : on observe souvent, lors des festivités, la représentation récurrente d’un éléphant blanc. Quel rapport avec bouddha ? Avec les fleurs ?


Pour vous lecteur, Maurice dupuis, de Paris, a mené l’enquête et s’apprête a lever le voile sur cette association qui à première vue semble aussi sotte que grenue.


En fait, le symbole est double.  Rappelons que Siddharta est un prince indien, pays où les éléphants sont, sinon monnaie courante, mais en tout cas plus qu’au Japon. Il se trouve que les éléphants blancs sont relativement rares, et prisés. C’est ainsi que, progressivement, ils sont venus a être considérés comme symboles de la royauté. Cette représentation est donc là pour rappeler les origines princières de Bouddha.

Le second est plus directement lié à l’histoire de la naissance de Siddharta ; en effet, les légendes rapportent que sa mère vit en rêve un éléphant blanc, au moment de sa conception.

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Bonus track : video de procession au Zozo-ji