vendredi 22 avril 2016

Là haut sur la montagne...

Aujourd’hui marque le 1181è anniversaire de la mort d’un personnage qui a profondément marqué le Japon, le célèbre moine Kukai, également connu sous son nom posthume de Kobo-Daishi, le "Grand Instructeur qui a répandu les enseignements bouddhistes".

C'est lui

Ce brave homme vivait à l’époque Heian, à la fin du VIIIè siècle. Né 3è enfant d’un gouverneur de province sur l’ile de Shikoku, il fait rapidement montre d’une grande intelligence et sensibilité, talents qu’il cultivera toute sa vie (outre ses activités de moine bouddhiste, il fut également philosophe, poète et l’un des 3 plus grands calligraphes de l’ère Heian, ce qui n’est pas rien).

Pas complètement satisfait des enseignements bouddhistes qu’il reçut au Japon, il décida de se rendre en Chine pour élargir ses horizons. A cette époque, la Chine des Tang était à son apogée, et au contact d’un intense foisonnement multiculturel en la capitale de l’empire, Chang-an, Kukai s’enrichit encore plus intellectuellement. C’est là qu’il rencontra le grand maire du bouddhisme ésotérique chinois, Huiguo, de qui il reçut les enseignements.

C’est ainsi que, intégrant ces enseignements à ceux qu’il avait reçu dans sa jeunesse, il rentra au Japon en 806 et entreprit de répandre sa propre « version » du bouddhisme, qui devait rapidement être connue sous le nom de Shingon (真言, littéralement la vraie parole).

Apres  10 ans de tribulations diverses de temple en temple, il reçoit de l’empereur la permission de fonder son propre monastère. C’est sur le mont Koya qu’il jette son dévolu. Ses disciples continuèrent son œuvre, et, de nos jour, le mont Koya est le centre le plus important du bouddhisme Shingon du pays, avec plus d’une centaine de temples, visités chaque année par des milliers de pèlerins. Il est surnommé parfois comme le Vatican Bouddhiste.

Tout le confort moderne chez les moines

On y trouve d’ailleurs les monuments funéraires de nombreux éminents personnages : Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu notamment y ont chacun une stèle.

Oda Nobunaga, bien conservé

Toyotomi Hideyoshi

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L’un des principes du bouddhisme shingon est qu’il est possible, à force d’ascèse et de méditation, de devenir un bouddha durant sa vie, par opposition à la pensée traditionnelle qui veut que de multiples réincarnations soient nécessaires pour en arrive là et enfin se libérer du cycle de réincarnation. Ce principe se désigne sous le terme Sokushin-Jōbutsu, littéralement s’élever au stade de Bouddha en s’accrochant à son corps.

La blague, c’est que certains moines ont à un moment décidé de prendre cette expression au pied de la lettre, ce qui a donné lieu à la (très marginale quand même) pratique du Sokushinbutsu. Long story short, il s’agit pour une personne de se momifier vivant en méditation. Le procédé, en plus d’être extrêmement contraignant et à priori pas franchement agréable, a un taux de succès assez faible : à ce jour, seules 24 momies de ce type sont connues. En effet, le moindre écart peut mettre en péril la conservation du corps.

Pour atteindre l’état de momie, le moine candidat à l’éternité doit passer par un bon nombre d’étapes toutes plus inconfortables les unes que les autres, sur une période de près d’une dizaine d’années.
La première étape de 1000 jours, consistait en une phase de jeune à base de fruits et de noix, tout en maintenant une activité religieuse au sein du temple de rattachement.

La seconde étape, de 1000 jours également, réduit encore l’alimentation du moine, qui n’a désormais plus le droit qu’à des épines de pin et de l’écorce, arrosés occasionnellement d’un peu de thé à l’écorce d’Urushi, l’arbre à laque japonais. A l’issue de cette étape, le moine est quasiment mort de faim, a moitié empoisonné et n’a plus un poil de graisse sur le dos. C’est l’effet souhaité : plus de graisses et un minimum d’eau dans le système réduit les risques de décomposition, et le poison dans son organisme tiendra les insectes et autres à l’écart.

Notre moine va ensuite d’enterrer vivant dans une petite grotte, simplement relié à l’extérieur par un tube pour ne pas mourir étouffé, et passera ses derniers jours en méditation dans l’obscurité, ne signalant qu’il est encore de ce monde qu’en sonnant une cloche à intervalles réguliers.

Quand la cloche cesse définitivement de sonner, les collègues restés à l’extérieur retirent le tuyau et scellent pour de bon la grotte, pour une dernière période de 1000 jours. A l’issue de ce délai, la grotte est ouverte, et il est possible de constater si la momification a été couronnée de succès –auquel cas le corps est paré de superbes atours et est vénéré comme de juste –  ou pas, et dans ce cas il est réenterré avec les honneurs (« At least you tried »).

Achievement unlocked : Self-mummification


vendredi 8 avril 2016

Joyeux anniversaire !

Aujourd’hui, c’est le 8 avril. Et le 8 avril, il s’est passé plein de choses !

La naissance de Francois Vilon, de Hacques Brel, la disparition du regretté Caracalla, et du non moins regretté Malcolm McLaren, de m’am Thatcher aussi, la sortie du premier album des Clash…

Mais comme je n’ai pas grand-chose à raconter là-dessus, je vais parler d’un indien vaguement connu dont on fête l’anniversaire aujourd’hui au Japon, Siddharta Gautama. Car oui, le 08/04, c’est l’anniversaire de Bouddha, fêté sous la dénomination « Hana matsuri », ou en bon françois, le festival des fleurs.

Maurice Dupuis, de Paris, s’est plus d’une fois trouvé sur la terre de ses ancêtres lors de cet évènement, et a donc pu ainsi profiter des festivités dans moult temples.

Alors, qu’est-ce qu’on y fait durant ce festival ?
Et bien c’est sommes toutes assez classique. Des processions sont organisées au départ d’un certain nombre de temples par exemple.



Dans certains temples (Maurice Dupuis, de Paris, a personnellement assisté à cette scène au Zozo-ji de Tokyo), des feuilles multicolores en forme de pétales de lotus sont lancés au vent, dans la foule.  En effet, il est dit que lorsque Siddharta a vu le jour, des petales de lotus et une pluie de nectar tombèrent du ciel, accompagnés d’une musique divine.


C’est pour figurer la pluie de nectar qu’existe le second rituel, unanimement observé dans les temples qui fêtent l’évènement, existe. En effet, chaque temple dispose une statuette du bouddha, que les visiteurs peuvent arroser de thé sucré chaud. Thé qui n’en est d’ailleurs pas vraiment : l’amacha, comme on l’appelle, est en réalité une infusion de fleurs d’hortensia du Japon. Dans certains endroits, il est également possible de substituer l’amacha par de l’amazake (une boisson à base de riz assez sucrée et peu alcoolisée). Dans tous les cas, les visiteurs, petits et grands, ne se font pas prier pour gouter à ces boissons une fois grâce rendue au bouddha !


Enfin, une petite curiosité pour la route : on observe souvent, lors des festivités, la représentation récurrente d’un éléphant blanc. Quel rapport avec bouddha ? Avec les fleurs ?


Pour vous lecteur, Maurice dupuis, de Paris, a mené l’enquête et s’apprête a lever le voile sur cette association qui à première vue semble aussi sotte que grenue.


En fait, le symbole est double.  Rappelons que Siddharta est un prince indien, pays où les éléphants sont, sinon monnaie courante, mais en tout cas plus qu’au Japon. Il se trouve que les éléphants blancs sont relativement rares, et prisés. C’est ainsi que, progressivement, ils sont venus a être considérés comme symboles de la royauté. Cette représentation est donc là pour rappeler les origines princières de Bouddha.

Le second est plus directement lié à l’histoire de la naissance de Siddharta ; en effet, les légendes rapportent que sa mère vit en rêve un éléphant blanc, au moment de sa conception.

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Bonus track : video de procession au Zozo-ji

video



jeudi 31 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 8 – Tokyo

Tokyo, gigantesque métropole, grouillante de vie, où chaque jour, des millions de salarymen vêtus du meme costume gris se bousculent dans les trains zé métros, vaquant à leurs occupations d'esclaves corporatistes, se réjouissant de n'avoir que 5 heures supplémentaires non payées en vue le soir meme...

La gare de Tokyo, enfin débarassée de ses échafaudages

Du coup, Maurice Dupuis, de Paris, et ses comparses ont décidé d'aller à la campagne à l'occasion de cette dernière étape de leur périple.

Et plus particulièrement sur le Mont Takao, à une heure de train du centre de la capitale. 
Lieu assez populaire d'escapade pastorale pour les Tokyoïtes en mal d'air pûr, le Mont Takao pésente un triple attrait au voyageur qui s'y hasarderait.

L'amateur de randonnée trouvera son compte, avec les 6 sentiers plus ou moins escarpés, qui permettent d'en rejoindre le sommet en une heure et demi - deux heures environ. Une fois au belvédère, une splendide vue s'offre alors, permettant d'admirer d'un coup d'oeil non seulement les gratte-ciel de Tokyo, mais également Yokohama, et les montagnes de Niko par temps clair. Pas mal !

Tout ca...

... pour ça. Oui, on ne voit pas tout ce qui est marqué dans le prospectus !

"Et les chtites nenfants ?", me demanderas-tu, lecteur ! Et bien eux aussi se rendront avec joie sur cette gentille montagne, car outre une faune et une flore riches qui ne manquent pas de faire de superbes illustrations pour une dissertation "Mon plus beau jour de vacances", les charmantes tetes noires pourront visiter le parc aux singes ! 50 sympathiques simiens s'y prélassent dans la joie et la bonne humeur ! 

Saru-ojisan is watching you

"Je vais boire dans ton crane, sucer la moelle de tes os et sacrifier ton ame immortelle au prince des ténèbres"

Mais que sereait une montagne japonaise sans un temple ou deux perchés dessus ? Et bien bingo, l'amateur de temples sera également comblé, car c'est là qu'on trouve le temple Yakuoin, rattaché à la secte bouddhique Shingon. 

Il s'agit là d'un établissement fort ancien, attendu qu'il fut bati au 8è siècle, lors de la période Nara, qui, comme chacun le sait, marqua le grand essort de la puissance des sectes bouddhistes. 

Les puristes me rétorqueront que le bouddhisme Shingon ne fut introduit au Japon que au 9è siècle, au retour de Kobo Daishi de son voyage en Chine. Ce a quoi Maurice Dupuis, de Paris, avec son assurance habituelle, se contentra de rétorquer "pouet, je sais, mais c'est eux qui le disent, na".
En l'occurrence, le temple a probablement été récupéré par la secte Shingon a un moment donné au cours de ses 1300 ans d'histoire. 


Et donc, quelles sont les particularités de ce temple, a part son histoire confuse et néanmoins ancienne? 
Et bien, tout d'abord, ce fut, et c'est toujours, un haut lieu de l'ascetisme traditionnel. On y trouve donc encore de nos jours des yamabushis (ausso appelés shugenja). Ces braves personnes habitent dans la montagne, et au contact de la nature, par la méditation (comme dans les films, sous des chutes d'eau, par exemple), se forgent un mental d'acier et un physique de pierre (ou bien choppent une creve redoutable à force de se coller dans de l'eau glacée en plein air avec juste un yukata sur le dos, au choix). Ceci dit, certains arriveraient meme a gagner des skills sympas, comme marcher dans le feu.

Step 1 : une petite rinçade d'eau fraiche

Step 2 : Libérer son cosmos

Step 3 : Level up !

C'est de cette proximité avec l'ascetisme des montagnes que provient la deuxième particularité de ce temple. En effet, le visiteur un peu attentif (ou plutot, pas completement bouché), ne pourra éviter de remarquer l'omniprésence des Tengus au sein du complexe. 

Pour les deux du fond qui n'ont aucune idée de quoi Il parle, Maurice Dupuis va faire un petit rappel. Les tengus sont, dans le folklore japonais, des créatures surnaturelles, habitant les montagnes, et servant parfois de messagers aux dieux. Selon les légendes, ils peut s'agit d'etres purement magiques, ou bien de yamabushis ayant transcendé leur condition humaine, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

Ils sont représentés sous les traits d'un homme à tete d'oiseau, ou d'un homme pourvu d'un loooong nez, vêtus à la manière des shugenja, et chaussés de getas disproportionnées. L'éventail que certains portent est censé leur conféérer le pouvoir de contrôler les vents.

Tengus jouant au poker

Ainsi, un peu partout, cette image du tengu se retrouve dans le temple.
Au travers de statues...

Ce tengu a presque autant la classe due MD, dP

De collections de getas....

Le tengu local semble chausser du 56

Ou encore de masques géants ! 

lol@Pinocchio

Bref, une bien belle promenade que voici !

Also, tentacles, because Japan

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Dans un autre registre, Maurice Dupuis, de Paris, avait beaucoup entendu parler des villages cachés de ninjas, perdus au millieu des forets zé des montagnes. Et bien ca n'est pas des blagues, ils sont tellement bien cachés que pas une seule fois, le mondre ninja n'a montré le bout de son masque. 

Mais c'était sans compter la tenacité de notre héros, qui, se fiant a son légendaire flair, finit par débusquer quelques kunoichis, pourtant fort bien cachées dans la jungle de béton de Tokyo.

Pic, cause it happened

jeudi 24 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 7 – Kyoto


Quand on parle du Japon, on pense tout de suite ninjas sushis cerisiers train ! 
Car, comme chacun le sait, le train est le premier moyen de transport dans l’archipel.
C'est cette histoire d'amour, somme toute assez récente, qui est présentée dans le musée Umekouji de Kyoto.

Goldorak, Japan Railways edition

Plutot ca en fait

Dans ce sympathique musée qui a ouvert ses portes en 1972, on peut admirer moult témoignages de l’âge d'or de la vapeur, avec pas moins de 19 monstres d'acier qui roulent des mécaniques, pour le bonheur des petits comme des grands. Parce que bon, visiter des locomotives c'est bien, mais pouvoir tirer sur la chaine et balancer des coups de sifflet a vapeur tonitruants, ca n'a pas de limite d’âge !

Tchouuu

Les plus courageux (comprendre : ceux qui se sentent la patience d'attendre l'heure des départ) peuvent même y faire une balade en train a vapeur sur un petit circuit d'un kilomètre, pour une petite dizaine de minutes de retour à l'époque Meiji. 

Dis train
Dat train

Car oui, comme le lecteur assidu de ce blog le sait bien, le Japon était fermé au monde extérieur jusqu'à ladite restauration Meiji, dans les années 1860-1870. Jusqu'à cette période, le Japon était une société féodale, avec un niveau technologique qui avait assez peu progressé depuis la fermeture du pays à la moitié du 17è siècle. Mais à la restauration, l'empereur décide de lancer une vaste politique d'ouverture sur l'occident, incluant entre autres une modernisation des transports.

C'est ainsi qu'en 1872, quelques années à peine après l'ouverture du pays, est inaugurée la première liaison ferroviaire, entre Tokyo et Yokohama, d'une longueur de 28km. Cela donna le coup d'envoi à une expansion extrêmement rapide du réseau ferré : en 1900, c'est 6000km de voies qui sillonnent le pays, reliant les principales villes de l'empire.

Vintage

En 1964, moins d'un siècle après les premières liaisons ferroviaires, et à l'occasion des jeux olympiques de Tokyo, est inaugurée le premier tronçon du Shinkansen 0 Series, le train grande vitesse japonais, reliant à la vitesse décoiffante de 210km/h les gares de Tokyo et Shin-Osaka en 4 heures, contre près de 7 heures en train classique. Et ce 17 ans avant la mise en service du TGV français. Déjà à l'époque, la tradition de retard de la SNCF était bien présente.

Shinkansen 0 Series

Aujourd'hui, 150 ans après les débuts du cheval de fer au pays des ninjas sushis cerisiers, c'est plus de 27000km de voies qui composent le réseau ferré japonais.

Ah oui quand meme

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Et maintenant, comme tu as été bien sage, cher lecteur, Maurice Dupuis, de Paris, va te récompenser avec une joliette anecdote ferroviaire, qui a qui plus est trouvé sa conclusion récemment.

Il y a, dans les froides contrées de Hokkaido, une petite station appelée qui, comme bien des stations de rase campagne, a connu depuis moult années une baisse de fréquentation dont l'issue, inéluctable, devait être sa fermeture.

"Beau temps pour la saison"

Or, il se trouve que cette station était le seul moyen pour une jeune demoiselle habitant dans le coin, de se rendre à son lycée et de poursuivre sa scolarité. Celle ci se serait trouvée fort marrie, eut elle dû trouver une autre solution pour aller assister a ses cours !

C'est sans compter le légendaire sens du service japonais ! Ayant pris connaissance de la situation, les responsables de Japan Railways, qui opère la ligne, ont ainsi décidé de maintenir en service la station jusqu'à ce que la demoiselle termine ses années de lycée. Mieux, les horaires des trains s'y arrêtant (2 par jour, le matin pour l'emmener en ville, le soir pour la ramener chez elle) ont été adaptés afin qu'ils lui permettent d'aller et de rentrer de son lycée dans de bonnes conditions.

"Ittekimasu~~"

L'année scolaire s'étant terminée il y a une semaine ou deux au moment où Maurice Dupuis écrit ces lignes, la jeune fille en question doit avoir obtenu son diplôme, et la petite station de Kami-Shirataki doit avoir fermé ses portes, après de longues années de bons et loyaux services.
Tout est bien qui finit bien !

jeudi 17 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 6 – Matsuyama

Au nord-ouest de l’ile de Shikoku, dans la préfecture de Ehime, se trouve la sympathique ville de Matsuyama, où Maurice Dupuis, de Paris, et ses compères sont allés flâner quelques heures.

La ville est réputée pour diverses choses.

Ses onsen d’une part. C’est à Matsuyama que se trouve Dogo onsen, l’un des plus anciens du japon, avec plus de 1000 ans d’histoire ininterrompue. On y compte 18 bains différents, dont un réservé à l’usage exclusif de la famille impériale, au cas où il leur prendrait la fantaisie de faire une petite visite. 
Malheureusement, Maurice Dupuis, de Paris, avait un train à prendre, et n’a donc pas pu en profiter, au grand regret des propriétaires, qui voyaient là l’occasion de renforcer encore un peu plus la renommée de leur établissement. Zannen.



Le château de Matsuyama d’autre part, vaut également le coup d’œil. Comme de nombreux bâtiments similaire de par le pays, il a été reconstruit maintes fois, pour faire face aux outrages du temps et du feu, mais on n’en retrouve pas moins l’apparence qu’il avait après sa construction, il y a plus de 4 siècles de cela.



Morisu to Ji-san, fiers samurais

Enfin, et c’est le point qui tient le plus à cœur à Maurice Dupuis, de Paris, Matsuyama est un lieu qui a une place importante dans l’histoire de la littérature japonaise moderne.
C’est en effet là que, durant ses jeunes années (en 1895, soit à 28 ans), Natsume Soseki enseigna brièvement. Cette première expérience de la province japonaise, couplée au milieu de l’enseignement dont il était encore assez peu familier (il a commencé sa carrière à peine 2 ans auparavant au département d’anglais de l’université de Tokyo), l’a particulièrement marqué.

Natsume Soseki, classe

C’est ainsi que, 10 ans plus tard, il écrira ce qui deviendra rapidement un classique de la littérature japonaise moderne, Botchan, un roman grossièrement autobiographique, relatant l’expérience en demi-teinte d’un jeune professeur d’anglais fraichement débarqué de la capitale pour enseigner en province, et le choc culturel auquel il se confronte.

Et tant qu'on est dans la recup', la spécialité locale est le Botchan dango

Soseki a eu une influence considérable sur la littérature japonaise. Botchan compris, quasiment toutes ses productions sont devenues des classiques, et ont été traduites dans de nombreuses langues de par le monde : Je suis un Chat, Sanshiro, Kokoro, Choses dont je me souviens, le 210e jour, Oreiller d’herbes, Au travers de la vitre, …
Son style est à la croisée entre le classicisme japonais, et le style occidental, et est souvent teinté d’autobiographie (Botchan, comme évoqué précédemment, mais aussi Je suis un Chat, avec personnage du maitre du chat qui est un professeur désabusé ; Choses dont je me souviens également, où on sent poindre la nostalgie de l'auteur pour ses jeunes années). 
Natsume Soseki, qui était en effet professeur d’anglais, a été choisi par le gouvernement pour aller étudier les cultures européennes, et plus particulièrement britannique, dans le cadre des grandes politiques d’échange culturels voulues par le gouvernement Meiji. Il a ainsi été l’un des premiers hommes de lettres japonais à entrer au contact des cultures européennes depuis la fermeture du pays dans les années 1600, et a avec brio rempli son rôle d’ambassadeur en ce sens. 

Et en plus, il a eu sa tête sur les billets de 1000Y pendant 20 ans, c’est pas la classe ça ?

Monies



jeudi 3 mars 2016

Japon – Avril 2015 – Etape 5 – Okayama

Comme vous avez été sages, aujourd’hui, Maurice Dupuis, de Paris, va vous raconter une petite histoire.

Il était une fois un vieux couple qui habitait près d’une rivière. Ils coulaient des jours paisibles, quand un jour, alors qu’elle lavait son linge, la vieille femme vit flotter devant elle une grosse pèche fort appétissante.
Ni une ni deux, elle l’attrapât, et se rentra chez elle, bien contente de sa trouvaille. Son époux, pas mécontent non plus, se mit alors en devoir de couper ladite pèche en deux, parce qu’elle était décidément trop grosse pour manger comme ça.

Purin'cessu Piichi

Ils se firent péter la panse et passèrent une bonne après-midi en buvant du thé pour digérer.
The end.


Alternate version :

Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir que dans la pèche, se trouvait en fait un nourrisson ! N’ayant pas d’enfants, ils décidèrent de l’adopter et de l’élever comme leur enfant (plutôt que de le manger ou de le coller à la DASSE comme l’eusse fait toute personne sensée).

Fast forward quelques années, ils devaient bien s’en mordre les doigts : le petit Momotaro (Taro étant un nom courant pour un garçon, et Momo signifiant pèche) est une grosse feignasse qui cherche des excuses pour en faire le moins possible. Seule qualité qu’on pouvait lui reconnaitre, il se trouvait doté d’une force prodigieuse (ce qui expliquerait que ses vieux parents préféraient le laisser tirer sa flemme plutôt que de prendre le risque qu’il pique une colère et claque les portes de la maison).

Cependant, comme tout se sait, les nouvelles d’un jeune garcon extraordinairement fort parvinrent aux oreilles du seigneur local, qui à cette époque, avait bien des soucis. En effet, une tribu d’onis (des ogres, pour occidentaliser la chose) avait la fâcheuse tendance a venir piller sur ses terres et manger ses habitants. Révolté par le rude impact sur ses revenus, le bon seigneur était donc à l’affut de tout héros pouvant potentiellement le débarrasser de ces nuisances.

Oni soit qui mal y pense

C’est ainsi que, mandaté par le seigneur, et pas franchement retenu par ses vieux, le petit père Momotaro se mit en route pour aller casser de l’oni. Il eut, comme de juste, un certain nombre d’aventures en route, au cours desquelles il s’adjoint la compagnie d’un faisan, d'un singe et d'un chien. 

A la tète de cette fière et redoutable troupe, Momotaro arrivât finalement sur l’ile d’Onigashima qui servait de repaire aux ogres, leurs colla une dérouillée mémorable, et leur piqua tous leurs trésors pour faire bonne mesure (l’histoire ne dit pas si, à l’image des pillards onis, il s’en cala un ou deux derrière la cravate pour la route).

Bien mal acquis profitant visiblement, Momotaro put rentrer et vivre dans le stupre et la luxure grâce a son butin 

Accueilli en héros a son retour chez lui, il vécut heureux chez ses vieux parents avec ses amis les animaux, grâce aux trésors qu’il ramena de sa grande aventure.


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Le conte de Momotaro étant réputé etre originaire de la ville d’Okayama, c’est tout naturellement qu’ils en ont fait la mascotte de la ville.

Un jour, moi aussi je serai célèbre et j'aurai ma tête sur les bouches d'egout

A part cà, Okayama est aussi connu pour son château, surnommé le château du corbeau à cause de sa couleur de jais, et aussi pour le Korakuen, l’un des 3 plus beaux jardins du pays (aux cotés du Kenrokuen de Kanazawa et du Kairakuen de Mito).
Korakuen

U-jo



Aussi

Voilà voilà.

A Okayama, les chats, ils passent leur temps au karaoke

Et comme il a fait un temps détestable la moitié du temps qu’il y a passé, Maurice dupuis n’a pas grand-chose de plus à raconter.

Wait, wat?